Tartempions et chacals

Tartempions et chacals - © Hélène Veilleux

 

Ah ! Silence, silence, abject esprit chrétien !
Tais-toi, et éteins-toi, âme poétaillonne,
J’aspire dès l’aurore à devenir un chien
Qu’aucune muselière amère ne bâillonne !
Je ne veux plus d’extase et je veux des monceaux
De corps entrebâillés allongés sous ma porte,
Encore ensaladés et mouillés des ruisseaux
De l’amour transpirant la jouissance morte !
Je sors de mon taudis infesté, et, bonheur !,
Je me jette dans l’affre immonde de la ville ;
Je sors mes crocs d’acier aux légions d’honneur,
Aux installés, aux piafs, aux écrivains sans bile :

Gavalda, rabâcheuse interlope et sans mots,
Raconte à l’infini ses histoires restreintes
Aux engloutisseurs de laxatifs en grumeaux
Qui disent : « Gavalda, j’aime quand tu m’esquintes ! »
Werber, idole molle et pâle des péteux,
Geigne sa prose en toc sur des arbres sans vie
Qui n’ont pas mérité (les victimes, c’est eux !)
Le tatouage en caca de sa plume assouvie.
Yann Moix, péquenaud fade et jongleur d’excréments,
N’a jamais lu un livre ; il parvient, par miracle
À en plagier cinquante en moins de dix romans
Et à retartiner chaque graisse qu’il racle !
Bernard Henri Lévy, gigolo d’Israël,
N’est tellement rien que, si j’en souille mes strophes,
C’est pour célébrer les Talibans du Sahel
Qui sont, ils l’ont prouvé, bien meilleurs philosophes !
Sollers ! Petit soldat autrefois engageant,
Lui, depuis que Mao est en paralysie,
Veut se faire passer pour un digne régent,
Alors qu’il est le roi de sa France moisie.
Zemmour, l’éternel nul, rêve en se masturbant :
Il est Clovis ! Martel ! Napoléon ! De Gaulle !
Le soir, à la mosquée, il s’infiltre en turban
Et grave sur le mur : « Aux Gaulois la Gau-gaule ! »
Nothomb, chat demi-mort, animal mutilé,
Qu’on oublie avec joie au bord de l’autoroute,
Et qu’on entend de loin, en ricanant, vêler,
A le style ahuri de la vache qui broute.
Soral ! Heutre sorti des fesses d’un marmot
Après qu’il a mangé ses propres relâchures,
Avorton dynastique, atavique grumeau,
Passe pour Dieu auprès de quelques épluchures…
Beigbeder, mamelon d’arrivisme avachi,
Bibard acarêmé par la force des choses,
N’a pas plus de cerveau qu’un mort qui réfléchit,
Et bien moins de talent et d’esprit que de poses.
Grangé, violeur d’enfants, dévoreur de putains,
N’est pas un romancier, mais un autobiographe
Content de ses méfaits, aimé des puritains
Défoulant leur surmoi dans ce planteur d’agrafe !
Pennac, pour qui j’espère un arrêt du Censeur,
Nicodème morose, alcôviste fébrile,
Sent le fraîchin passé comme tout professeur
Et d’un seul mouvement, est puéril et sénile.
Schmitt, parmi les idiots, est le plus attachant :
Convaincu qu’il est lu par quelqu’un dans ce monde,
Il s’obstine à « faire œuvre », et ce n’est pas méchant ;
Lui-même ne lit pas sa prose moribonde
Nicolas Rey… que dire… autant se taire ou, mieux,
Demander qu’il se taise et le forcer s’il miaule ;
L’emmener dans un parc, et lui bander les yeux ;
Lui crever l’estomac et lui casser l’épaule.
Modiano, parangon intégral des nigauds,
Des enculeurs de mouche et des scribouillards maigres,
Mais aussi des crottins, des croûtons, des gigots,
(Tout ce qui est moderne) a quand même des nègres !
Djian, ah ça ! J’irais bien lui cracher dessus !
Mais je préfère errer au Café de l’Olive,
Manger des zakouskis, boire aux espoirs déçus,
Que de souiller ainsi ma précieuse salive !
Angot… Monstre difforme… Aspiole de l’Enfer…
Gadoue en mouvement… Guano qui colle aux pompes…
Morve sur étalage… Ivraie au goût de fer…
Détritus refusé des oiseaux psychopompes…!
Gallo, gratteux, survit parce qu’il est sommé
De défêndre vindieu son âmour de la Frânce !
Et qu’en Frânce, mônsieur, on est fiêr de s’âimer !
(Disent quelques cerveaux remplis par la carence)
Despentes, plus joyeuse, a aussi le talent
De n’en avoir jamais, et d’être toujours nulle,
Mais nulle, tellement, que c’en est affolant
Et qu’on serait tenté de la mettre en cellule.
Millet n’est pas Pétain, mais presque, et pas Franco,
Mais presque, et pas Duce, et pas Hitler, mais presque –
Et en moins historique. Et, comme un asticot,
Il s’agite en meuglant son charabia grotesque !
Renaud Camus sait bien dindonner les Gaulois !
Il aime raconter qu’on n’est plus en Europe,
Que le Blanc éburné a perdu tous ses droits !
Mais pourquoi écouter une telle salope ?
D’Ormesson, résineux à moitié déplanté,
Spectre pulvérulent sous la lune mourante,
Céladon délavé des souillons de caté,
Écrit mais ne sait pas compter jusqu’à Quarante !

Voilà donc le tableau qui décore, ô pays !
Le salon délabré de ta littérature ?
Si mes yeux n’étaient pas ouverts et ébahis,
Je pleurerais des seaux à remplir la Nature !
Alors, entendez bien, tartempions et chacals :
Je vous pisse vingt fois sur le dessus du crâne !
Je vous pose chacun sur vingt ou trente pals !
Belzébuth, face à vous, mérite la soutane !
Assez du racolage amical aux bourgeois
Qui n’aiment pas mes vers, sauf pour la dédicace ;
Fi des ploucs de salon qui comptent sur leurs doigts
Les syllabes ; je suis Isidore Ducasse !

Illustré par Hélène Veilleux.

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Jean Belmontet

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