Ar(t)bre, pour une écologie du regard

L’Arbre de Vi(d)e.

Martine Francillon, « Ar(t)bre, pour une écologie du regard ». Éditions La Manufacture de l’image, 256 pages, 38€.

Qui n’est pas poursuivi par le fantôme d’un arbre ? Autour de lui louvoie parfois une forme de volupté mais, de plus en plus, de perte par sa destruction programmée par ceux qui semblent se vouer à la suppression du poumon de la terre. L’art est donc nécessaire non pour remonter cette histoire mais préciser son futur. La création n’est plus seulement mettre de l’ordre, mais entrer dans le silence de l’arbre, à cette « croisée » impossible des chemins entre terre et ciel.

Le livre de Martine Francillon dans son « écologie du regard », autour de l’artiste brésilien Frans Krajcberg, incarne cet objectif. Sont présentées 170 propositions d’une pléthore d’artistes dont Pierre Alechinsky, Catherine Baas, David Nash, Parmiggiani, Renzo Piano, l’inévitab’le Ernest Pignon-Ernest, Jean Nouvel, Ugo Rondinone, Barthélémy Toguo, Bob Verschueren, Villeglé, Xioagang Zhang et bien d’autres. L’objectif est de créer à la fois un combat contre la déforestation et l’affirmation du pouvoir de l’art.

Certes ce dernier ne comble pas le trou laissé par les hommes. Mais il répondre à une effraction par une autre pour sauver le rempart d’un monde premier et entendre la voix cryptée de la vie qui résonne encore contre les troncs qu’on assassine. L’arbre doit redevenir le corrigé du temps plus ou moins revenant. Les artistes en appellent donc aux hommes. Ce qui devraient les effraye c’est le silence de l’arbre, son calme. Mais ce qui les effraye ce n’est même plus leur propre peur de le jamais pouvoir être à sa hauteur. Et c’est bien là le problème. Aux artistes de rappeler que l’arbre peut  arrimer l’homme à la terre et au ciel. Encore faut-il qu’il en reste afin que l’autre subsiste.

Image à la Une © Éditions La Manufacture de l’image.

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