Embrasse-moi idiote

Quand l’autre est un même.

Coffret « Embrasse-moi idiote » par Marie-Laure Dagoit aux Éditions littérature mineure, 5 livres, 25€.

Au nom d’une sexualité refoulée et parfois d’un désir mal assumé, certains créateurs (marginaux) contre le silence et la censure morale ont permis la montée du corps lesbien. Les reliques que recueilles « pieusement » Marie-Laure Dagoit le prouvent. Elles offrent l’arrivée d’une lumière par le mystère de prises et de mises en scène.

L’auteur ramène un temps où l’amour du même sortait de ses friches afin d’oser une nécessité dont parle Gracq à propos de Degas : « se pénétrer ». Afin d’y parvenir et en divers systèmes de recueillements et un texte Marie-Laure Dagoit propose une déposition d’« objets », des lignes et des coupures proches d’un « état naissant » qui n’a rien cependant d’une nostalgie mais de la naissance d’une vérité cachée.

Soudain des images ignorées ou censurées faisaient irruption dans le présent par une suite de présences à la fois cohérentes et paradoxales sur lesquelles le seul mot possible pour les définir serait celui d’une fouille. En une forme multiple s’agglutine ce qui fait de la matière d’une mémoire vivante et devenue enfin vivace. La douceur n’est pas absente même quand se perçoit çà et là quelque chose de « trash ». Cela permit de voir un peu plus loin sans que ce discours visuel soit à l’époque théorisée : la défense de l’altérité du lesbianisme était encore bien peu assumée.

Image à la Une © Éditions littérature mineure.

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