Bright Lights. Big Cities.

BLBC

A Manchester, du 19 au 24 mai 2014, l’exposition Bright Lights. Big Cities., regroupera les travaux de 8 photographes franco-britannique sur le thème transversal du paysage urbain : diversité, l’hybridité, l’étrangeté (familière et inquiétante).

Les organisateurs Arnaud Idelon et Samuel Belfond expliquent que le choix d’un tel thème découle d’une problématique majeure de la ville de Manchester, cité pionnière de l’ère industrielle qui offre aujourd’hui un paysage urbain en pleine redéfinition. En superposition constante, se mêlent à Manchester des friches industrielles, des immeubles anciens de style victoriens et une urbanisation sauvage, conférant au tableau un caractère hybride, dense et hétérogène, symptomatique d’une transition urbanistique sans précédent.

Adossée à une forte volonté de mixité culturelle et de dialogue, l’exposition Urban Landscapes accueillera en son sein des photographes français et anglais, ou anglophones, afin d’appréhender les convergences et divergences, la multiplicité des expériences, des techniques et des angles d’attaque de ces artistes face au thème proposé. Les regards se croiseront tantôt, s’emmêleront ou s’entrelaceront pour offrir au public un large panorama de la photographie contemporaine dans la diversité de ses formes d’expression.

Et tout comme la ville demeure une expérience sensorielle unique, convoquant sans ménagement la vue devant le paysage qu’elle déroule, tout comme l’ouïe par les vrombissements, échos et bribes de son tumulte quotidien, l’exposition Urban Landscapes sera rythmée par différents happenings et performances musicales, représentatif d’un large panel de styles entre jazz, pop et électro, pour tendre vers une pluridisciplinarité qui ne manquera pas d’invoquer les sens du spectateur.

Le lieu :Antwerp Mansion
Antwerp Mansion

Antwerp Mansion

Ancienne Warehouse, témoin de l’ère industrielle laissé à l’abandon, transformé en squat dans le quartier étudiant de Rusholme, à quelques mètres de la Curry Mile, le centre culturel Antwerp Mansion était le lieu tout désigné pour accueillir l’exposition Urban Landscapes. Salle de concert accueillant régulièrement des expositions, Antwerp Mansion est géré par un collectif associatif fonctionnant sur le modèle d’une coopérative à caractère culturel. Elle abrite également une formation folk Family Wolwes et invite de nombreux artistes en résidence. L’aspect proprement architectural du lieu, ses deux étages indépendants, ainsi que son inscription dans la scène artistique alternative macunienne, permettra à l’exposition collective Urban Landscapes de proposer un mode d’exposition inédit.

Les photographes

John Davies
John Davies - Metropoli Project - Manchester

John Davies – Metropoli Project – Manchester

On ne présente plus John Davies, photographe reconnu dans le monde entier pour l’acuité de son regard sur la redéfinition du paysage, qu’il soit rural ou urbain, confronté à la modernisation galopante du monde contemporain. Depuis 1986 et sa série A Green Pleasant Land, il n’a eu de cesse de placer au centre de son objectif les mutations physiques de la ville post-industrielle au Royaume-Uni, pour ensuite étendre les préceptes de cette démarche au territoire européen dans son ensemble, ce qui l’amènera en France à plusieurs reprises, jusqu’au rencontres de la photographie d’Arles en 2013. Passé maître dans la photographie documentaire, son style analytique, sa palette monochrome ainsi que ses thèmes de prédilections l’ont affirmé aujourd’hui comme une figure majeure de la photographie contemporaine. L’exposition de quelques clichés de sa série … sera l’occasion de (re)découvrir cet artiste.

Alison Mc Cauley
Alison McCauley - On the grid

Alison McCauley – On the grid

Photographe d’origine britannique basée aujourd’hui à Genève, Alison Mc Cauley a choisi comme terrain d’expression la photographie de reportage comme en témoigne sa récente série Esta Cayendo, au travers de laquelle elle s’attache à pénétrer à l’intérieur des bâtisses pour aller à la rencontre de ses habitants. Dans la série On the grid, elle délaisse quelque peu la dimension thématique de son travail pour se centrer sur un travail davantage formaliste. En élevant son point de vue, elle nous offre une série de clichés qui renoncent à toute perspective, nous introduisant dans un univers graphique monochrome ou les lignes, les courbes et les ombres prennent le pas sur l’humain, renvoyé à sa finitude.

Anita Pentecôte
Anita Pentecôte_Royals Mills

Anita Pentecôte_Royals Mills

Contre l’instantanéité du numérique, Anita Pentecôte, photographe et plasticienne française, fait le choix radical du retour au sténopé. Ses photographies sont alors le résultat d’un temps de pause étiré, qui vient nier la mythologie de l’instant photographique pour replacer l’image au centre d’un processus temporel. Les machines à l’abandon qui hantent les friches industrielles qui l’inspirent se parent alors d’une magie hautement évocatrice, nous rappelant à l’onirisme de nos songes, en face de ces témoins immobiles et prostrés de temps qui passe. De la Dordogne natale aux sites de Liverpool et Manchester, elle rend ainsi vie à un héritage érodé et remotive une mémoire tant matérielle qu’immatérielle.

Zacharie Gaudrillot-Roy
Zachary Gaudrillot-Roy - Façades

Zachary Gaudrillot-Roy – Façades

Après avoir parcouru le globe quelques années durant, amassant une imposante base iconographique qu’il classera par la suite en fonction de l’angle de prise de vue et de luminosité, Zacharie Gaudrillot-Roy s’est adonné à un fastidieux travail de retouche numérique par PAO. En superposant sans rupture trois plans différents sur la même image, il donne naissance à des photomontages à l’effet de réel saisissant, où l’humain erre dans la densité du bâti, de ces façades qui se font la métaphore d’un monde d’apparence et de trompe-l’oeil. Ces images irréelles, pareilles aux décors hollywoodiens, ne crient alors rien d’autre que la solitude et le mensonge. Lauréat de l’award de l’artiste émergent à Dubaï en 2013, Zacharie Gaudrillot-Roy est amené à marquer de sa patte la photographie contemporaine dans les années à venir.

Julien Chevallier
Julien Chevallier - Passages

Julien Chevallier – Passages

Faire mentir la photographie de vacance, voici peut-être le pari de Julien Chevallier. Photographe boulimique de voyage, il se plaît à endosser pour quelques instants le costume du parfait touriste, s’agglutinant en masse devant les monuments des métropoles modernes. Mais lorsqu’il s’empare de son objectif, c’est par un décentrement subtil, un cadrage singulier, un contre-jour volontaire qu’il va doter sa photographie d’une toute autre dimension. La canonique photo de vacances laisse alors place à un savant travail de composition, truffé bien souvent de découvertes, qui déconstruit avec malice nos réflexes consuméristes en face de la ville musée.

Lewis William
Lewis Williams - Strangers I

Lewis Williams – Strangers I

Lewis William a fait de Manchester son terrain de jeu de photographe. Dans la lignée des grandes figures de la street photography, il flâne, appareil en bandoulière, dans les travées de la cité nordique, attentif au hasard fortuit qui lui livrera une image volée au flux quotidien. Teinté d’humour et de clins d’oeil, tantôt poétique, tantôt cru en face des réalités sociales capturées, sa sensibilité d’artiste le porte vers un humanisme affirmé, en resserrant la focale sur ces figures qui peuplent le paysage urbain.

Arnaud Idelon
Arnaud Idelon - Shades and stripes

Arnaud Idelon – Shades and stripes

Expatrié français à Manchester, Arnaud Idelon a poursuivi en Angleterre la démarche qu’il avait initiée à Lyon et à Paris, en photographiant exclusivement ombres et reflets dans la ville moderne et ses friches undergound. Par une négation constante du référent, il questionne les origines de l’image, remotive le couple de la présence et de l’absence en le complexifiant, au travers de la notion d’indice. Attaché au noir et blanc, ses clichés sont autant de compositions géométriques où la lumière quadrille et strie l’espace pour mener à un rendu qui oscille entre tradition de la street photography et l’abstraction.

Peter Crowder
Peter Crowder

Peter Crowder

Musicien et photographe basé à Manchester, Peter Crowder sillonne inlassablement les rues de son univers diurne et nocturne, entre répétitions et concerts, armé de son appareil argentique, à la recherche de l’instant volé durant lequel une présence viendra troubler la quiétude du béton. L’effet flouté que ne manque pas de lui conférer le matériel usé qu’il n’échangerait pour rien au monde lui est cher, et pare ses photographies d’une instabilité onirique, teinté d’une douce mélancolie. Musiciens, public ou simples passants, ses sujets sont ces anonymes qui peuplent le quotidien de la ville de Manchester, sans doute son seul et véritable sujet.

Eloy Coynel
Eloy Coynel

Eloy Coynel

E. Coynel est un photographe français basé à Manchester. Dans sasérie « Upside Down », il utilise les réflections dans les flaques qui interpellent nos points de référence horizontaux et verticaux.

Emmanuel Moreaux
Emmanuel Moreaux

Emmanuel Moreaux

Photographe basé dans les Alpes françaises, Emmanuel Moreaux fait un focus sur les détails de l’environnement urbain. Utilisant le zoom, il redécouvre la chaussé dans sa série « Figures Urbaines ».

L’interview : Alison McCauley
Quel est votre parcours ?

Je suis anglaise mais j’ai habité un peu partout dans le monde. Je vis à Genève depuis 10 ans.
Après une longue carrière en tant que peintre, j’en suis venue à la photographie. Cette transition de la peinture à la photographie s’est faite en 2007 après être devenu de plus en plus frustrée par la façon dont la peinture me éloignait de la réalité et de la vie autour de moi.
Au début la photographie de rue a été mon principal intérêt. La rue contient tout ce dont j’ai besoin: de la beauté, de l’inspiration et de l’émotion. Photographier la rue nourrit ma curiosité de la nature humaine.
Depuis quelques années, j’ai senti le besoin de m’approcher de sujets pour approfondir ma démarche? J’ai donc commencé à travailler sur des projets documentaires.
Je suis passionnée de ces deux genres de la photographie : la photo de rue et la photographie documentaire.

Quelles sont vos influences dans la photographie, dans votre démarche ?

Je pense que je n’ai plus d’influences, mais plutôt des sources d’inspirations. Je suis principalement inspirée par les sujets que je réalise.
Parmi les nombreux photographes qui m’inspirent, on retrouve Robert Frank, Michael Ackerman, Trent Parke, Christopher Anderson, Kim Thue, Anders Petersen et Jacob Aue Sobol.

Comment appréhendez-vous une série de reportage ?

Je me laisse guidé par ma curiosité et par des sujets ou des situations qui me touchent. Je suis particulièrement sensible aux gens qui montrent beaucoup de courage face à des situations de vie très difficiles.
Je commence la préparation d’un sujet documentaire par des recherches sur le Web et par des contacts. Une fois que je suis sur place, je discute beaucoup avec les gens que je photographie et avec leur entourage pour essayer d’en savoir le plus possible sur leur situation.

Les photos qui seront exposées à BLBC sont issues de votre série « On the grid », comment est née cette série ?

Ces photos, issues de ma série « On the grid » sont nées de l’idée de capter des scènes urbaines vue depuis une position surélevée. Bien que cette série ait commencé comme une exploration visuelle des formes, textures et ombres, ce qui m’intrigue le plus est de voir l’humain, transitoire et éphémère, dans les espaces urbains.

Pourriez-vous me donner votre définition de la ville ?

Pour moi la ville est une source d’énergie et d’inspiration artistique, culturelle et humaine.

Alison McCauley - On the grid

Alison McCauley – On the grid

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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