Des âmes simples

Deuxième roman de Pierre Adrian paru chez Équateurs Littérature, 192 pages, 18€.

À l’heure des littératures aux rabais, des textes vides de sens et désincarnés, le livre de Pierre Adrian est nécessaire. D’utilité publique en quelque sorte. Ce jeune auteur a compris que l’homme a des besoins d’âmes, des envies autres que les grandes messes consuméristes qui lui sont proposées.

Et c’est à travers la mission d’un curé, la vie d’une vallée, que va s’articuler ce récit. Pierre Adrian s’engage dans les pas de cet homme et part découvrir ce que l’on ne voit plus, interroge les intimes abandonnés, la foi qui doute car croyante, et les fragilités qui tiennent les corps usés d’avoir trop vécus.

Avec style, il transpose l’histoire des silences, des cœurs qui saignent, des vies cabossées et qui n’espèrent plus, des combats vains et des amours déchirés…

« Il ne tient qu’à nous d’être ceci, ou cela : nos corps sont des jardins, dont nos volontés sont les jardiniers. » (Shakespeare, Othello)

Un livre qui résonne, bat le pouls, et détonne par sa justesse et ses fulgurances.

Le résumé.

Ce qui repousse les caméras m’attire. Ceux qui trébuchent, ceux qu’on ne voit pas. J’aime le fond de la classe. Le saccage et le sursaut, la poudrière, le foutoir, la beauté, les rêveurs : tout est au fond, chez les invisibles. Au fond des vallées. Cette leçon, je l’apprendrai aux côtés de frère Pierre. En citant saint Paul, il me dira que la véritable sagesse n’est pas celle du monde : « Si quelqu’un pense être sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour être sage. » » Au cœur d’une vallée, aux confins de la France, un homme tient là seul par sa foi. Au plus près des vies minuscules – les bergers et les bêtes, les paumés et les vagabonds célestes –, il accueille les histoires murmurées, les hommes en perdition. Les croyants et ceux qui ne croient pas. Parce qu’« on ne peut plus faire comme si les gens avaient la foi. » Pour lui, cela importe peu. Jour et nuit, son portable sonne. Il accourt. D’une plume taillée à la serpe, Pierre Adrian nous offre un récit bouleversant, à l’écoute des ténèbres et de la désespérance d’une époque.

Coup de cœur libraire paru initialement sur la Librairie d’Étincelles, Annecy.

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