Edito n°02

Edito n02

édito

Ne t’en fais pas, je me suis promis de ne pas écrire ce mot une seule fois.

Il n’est pas assez fort pour ce que je veux dire. Il est bien trop mal utilisé par ceux qui prétendent le connaître. Il est bien trop beau pour les poètes. Il est bien trop vieux pour nos ancêtres. Il est trop fort pour l’amour.

Il passe et ne revient pas, il est pourtant ce qui détermine le présent et construit l’avenir.

Il est notion, nous en avons fait un concept, sans doute pour nous rassurer.

Il faut maintenant faire face à l’essence même de notre existence, « parce qu’on ne saigne pas quand on est mort ». Je t’en prie. Ne me laisse pas. Ne me laisse pas te voir partir dans cette rivière que tu connais déjà, celle qui a forgé ton regard d’homme, de force et de détresse. Oui, carapace de la nature, forgée par l’érosion de cailloux trop pratiqués, par les racines d’arbres trop installés. Fléaux d’une vie qui n’en est plus une. Retrouver ce que tu n’as jamais connu. Que tu n’as jamais pu connaître parce qu’on t’a coupé d’une réalité dès la naissance. Violé, drogué, niqué, buté… Comment te faire comprendre que tu mérites le nom d’Homme, mais qu’il te faut traverser un dernier fleuve tumultueux de souffrances pour arriver à cette chose qui est la seule à pouvoir construire ton avenir ? Comment t’accompagner dans cette traversée ? Comment te dire que d’où je suis, je le vois cet avenir, qu’il est beau, que nous sommes capable de déplacer des montagnes et d’aspirer les nuages pour dessiner le pays dont tu n’as pas encore osé rêver. Comment t’aimer pour que tu comprennes que pour ça, il suffit de porter les plus lourdes mais plus belles choses de la vie ?

L’amour, l’espoir, l’envie, le rêve… et la folie de tout ça.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !
Facebook
Facebook
Follow by Email
Instagram
Antoine Guillot

Directeur de Publication / Auteur / Metteur en scène

Be first to comment