Les osselets du temps

« Malheur et bonheur sont des enfants qui jouent
aux osselets du temps.  »
Wajdi Mouawad

Longtemps j’ai cru que je pouvais jouer aux osselets avec toi… Ce n’est que partie remise, peut-être la partie est-elle déjà perdue. Cette partie, je pensais qu’elle semblait possible. Une partie où toi et moi pourrions enfin nous rencontrer. Mais rien n’est acquis, ni gagné d’avance. Ce combat, j’ai voulu le mener pour toi, par amour, aussi absurde ou hors des conventions soit-il. Ce combat, je ne l’ai pas remporté, tu ne l’as peut-être jamais perçu comme tel. Il demeure désormais comme un idéal, une forme de bonheur auquel je ne semble pas avoir accès.

Tu me manques déjà, tu es parti, un long voyage dis-tu… Un long voyage duquel je ne suis pas. Tu es parti sans moi, me laissant sur le bord du chemin, un chemin tortueux, loin d’être facile et dont je ne sais pas où il me mène.

Cela m’importe peut finalement car l’Autre est là, ami fidèle, âme sœur, double remarquable. Rien ne serait sans lui. Je lui dois à la fois tout et rien. Tout un paradoxe. Paradoxe à ton image. Vivre des instants heureux ne me conduit pas forcément sur les chemins de la félicité mais qu’importe.

Je ne crois pas vraiment en toi, aboutissement d’une construction, mais je crois en toi car tu es différent de l’éphémère. Tu n’es pas la joie mais tu es un état différent de la souffrance. Tu n’es pas l’inquiétude mais tu es la recherche d’un état de conscience d’être à soi et d’appartenance au monde. En cela, je t’aime, tu es ma quête d’idéal, même s’il est parfois difficile de refuser ce que l’on nous présente comme évidence et plus encore de le dire.

Photographie à la Une © Kristina D’Agostin par ses parents.

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