Encore cent ans pour Melville

Barque, harpon, dérive.

LIVRE « Encore cent ans pour Melville » par Claude Minière aux Éditions Gallimard.

Claude Minière écrit par touches une ode à la littérature et plus particulièrement à Melville. C’est une manière de dire son fait à la critique qui le bouda, aux éditeurs qui le refusèrent, aux lecteurs d’abord abasourdi par des histoires libres et folles qui jouèrent de la vérité et du mensonge comme toute littérature qui se respecte.

Mais ce « cantos » possède une raison majeure : « Il faudra encore cent ans pour qu’Herman Melville soit lu, soit vu avec ses multiples visages, son côté noir et son côté lumineux… Trois cents ans de parenthèse. Trois siècles de tortue ». Mais soudain, avec Claude Minière la barque d’Achab se rit des lames, l’ancre crève le papier.

Claude Minière.

Plutôt que de mêler la farce du temps à la tragédie du passé, l’auteur préfère l’évocation par sauts et gambades d’un maître trop oublié face à la pâleur de nos jours Minière propose ses remises en perspectives : Melville peut en effet flécher la vie, mais selon un axe d’une géométrie particulière.

C’est pourquoi le laudateur s’occupe à retrouver les règles d’un plus long trajet (mais avec brièveté), une géométrie impure aux tracés sans cordeau, une science du harpon qui fait que où Melville fut, Minière reste encore. Moins en ravi de la crèche que comme bateleur d’une œuvre qui à bien des égards demeure méconnue.

Image à la Une © Éditions Gallimard.

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1 Comment

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    Répondre octobre 26, 2018

    MINIERE

    J’ai lu avec plaisir. Merci, C.M.

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