Il Padre d’Italia

Peut-être le prix du public.

Festival Annecy Cinéma Italien jusqu’au 01 octobre 2017.

Le festival du cinéma italien est à peine commencé que quelques pépites apparaissent. C’est le cas du premier long-métrage en compétition de Fabio Mollo, jeune cinéaste déjà remarqué pour ses courts-métrages (Il Buio) à Venise ou à Berlin.

Ici, avec Il Padre d’Italia, il nous entraîne dans un road-movie un peu fou mais qui installe peu à peu un rapport doux et amoureux entre deux solitudes. Paolo, trentenaire homo vient de se séparer de son compagnon. Perdu, en plein doute sur son avenir, ce jeune homme doux et calme rencontre Mia, jeune chanteuse marginale, survoltée et enceinte… La mayonnaise pourrait ne pas prendre avec de tels personnages si éloignés, si différents. Et bien non. C’est tout le contraire qui se passe. On s’attache à eux, on veut qu’ils s’aiment. On rit et on pleure devant leur désarroi ou leurs situations loufoques. Le spectateur ne les lâche plus, qu’ils partent vers le grand Sud pour retrouver la famille de Mia longtemps délaissée et avec qui elle ne peut vivre ou dans les méandres de Rome ou de Naples à l’intérieur d’une fourgonnette qui va rendre l’âme. C’est parce que ces deux là sont fort sympathiques, que nous voulons avec eux voir naître un amour fort et serein.

Il Padre d’Italia.

Et puis ce film est dans l’air du temps : il nous parle de l’homoparentalité, de la recherche du père – d’où le titre –  de l’abandon, de l’identité même. Qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Paolo a été abandonné par sa mère, il veut construire une famille et ce petit être qui va naître bientôt, il veut déjà lui donner un nom : ce sera Italia. Mais voilà, tout n’est pas aussi simple, il y a toujours un grain de sable qui va se mettre dans la machine et venir perturber le déroulement d’un scénario riche en rebondissements. Quant aux acteurs principaux, Luca Marinelli et Isabelle Ragonese, ils incarnent à merveille ces deux solitudes, tous deux formidables de justesse et de précision. Un regard appuyé ici, une main qui se tend et on est convaincu.

Voilà un film qui marquera la compétition et qui pourrait bien avoir sa place dans le palmarès et pourquoi pas un prix du public. À entendre les applaudissements lors de l’apparition du générique sur l’écran, on en est convaincu.

Retrouvez toute la programmation de la 35ème édition d’Annecy Cinéma Italien au lien suivant.

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