La douce indifférence du monde

Hospice et fausse piste.

LIVRE « La douce indifférence du monde » par Peter Stamm, traduit de l’allemand par Pierre Deshusses aux Éditions Christian Bourgois.

Après des années d’efforts et grâce à un héros désillusionné, le narrateur du livre crée un monde vivant face à un quotidien vide. Il n’a que répugnance pour une femme dont il attend le départ avec impatience. Mais c’est presque anecdotique étant donné la nature kafkaïenne du personnage en miroir d’un livre irrésumable mais au départ fort simple : un homme et une femme – sans chabadabada.

Peter Stamm, au Salon du livre de Genève, en 2012.

Il arrive un moment que le narrateur s’aperçoit qu’il est aussi le héros d’un livre où les doubles se dédoublent là où un vieil homme qui éprouve un sentiment de répétitions et de résurrection impossible ? Ce qui prend forcément l’âme dans « son » Aristote pour aboutir à ce que Lacan définissait comme « la pensée du manche ». Mais d’un marteau sans maître entre mélancolie et divagations, motions et commotions.

Stamm sort du registre du vrai comme du symbolique par transferts et répétitions pour de purs jeux de miroirs où une forme de fantastique déjuge toute tentation analytique entre vies parallèles et intercalées. Si bien que le personnage central et trouble se présente moins comme un héros de roman que le sauveur de la fiction en lieu et place de toute réalité concrète.

Image à la Une © Éditions Christian Bourgois.

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