Marie Mons

Marie Mons, « The Blue Escape, 2 »,  16 ème festival de la photo de nu – regards sur le corps, à Arles, au Palais de l’Archevêché, du 5 au 16 mai 2016.

Marie Mons dans ses autoportraits ne cesse d’appuyer sur les contrastes. Ils symbolisent un monde aussi suave que violent et toujours bizarre. Il y a surrection de la présence en sa perplexité. Des hybridations corps-mannequin font vaquer entre la vie et la mort. Dès lors Éros et Thanatos sortent de la conceptualisation en s’érigeant selon une scénographie cérémonielle et en traversant l’image entre verticalité et horizontalité. L’esthétique échappe à l’artistique : d’où la puissance d’une œuvre qui porte le corps jusqu’au paradigme.

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© Marie Mons

Toute l’œuvre joue de l’ambiguïté. Même celui du genre : la tête chauve induit un doute quant à sa nature et sa physiologie. Le nu devient un moyen de se dégager des stéréotypes et d’engager une façon d’être au monde, de penser l’existence dans un point de croisement entre l’œuvre et l’être, l’œuvre et sa créatrice.

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© Marie Mons

Au biographique, à la narration fait place l’existence. La femme n’est plus vue comme « sur un canapé » et de manière lascive. Elle n’est ni sainte, ni putain : elle est une essence. C’est bel et bien une forme ouverte aux interprétations. On est bien loin de ce que – en littérature – les Annie Ernaux et les adeptes de l’autofiction présentes sous forme de choses-vues. Elles ne font que les cacher sous prétexte de mise à nu.

Photographie à la Une © Marie Mons.

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