Neeskens

Le sincère.

Musicien et chanteur, Neeskens livre la belle intimité du monde dans lequel il vit. Il joue avec les sentiments, les sensations des spectateurs lors de ses concerts. Honnête et juste, l’homme comme la musique sont touchants dès le premier regard.

La musique a-t-elle toujours été présente dans votre vie ?

J’ai baigné dans l’univers musical depuis mon enfance. Ma mère donnait des cours de piano, j’ai donc naturellement appris à jouer de cet instrument. Entre dix et quinze ans, j’ai commencé la guitare puis j’ai chanté dans un groupe vers dix-huit ans. Mes études terminées, j’avais toujours la musique en tête de manière évidente. Pour moi, ce n’est pas une échappatoire, elle fait partie de moi, je suis obligé de faire avec.

C’est lorsque vous chantez que vous vous sentez vrai ?

Je pense que j’ai deux personnalités en moi. La musique est différente d’un loisir normal : personne ne me pousse mais je ne pourrais pas arrêter d’en faire, même si parfois c’est difficile. La musique contribue à un certain équilibre, elle me permet de me sentir bien. C’est en rencontrant une formation musicale qui s’appelle Hymne que j’ai découvert que la musique pouvait être un travail. Vers l’âge de vingt-six ans, je me suis retrouvé seul. À ce moment-là, j’ai repris la guitare en accompagnement et le piano pour pouvoir composer mes chansons. Afin de vivre de mon art, j’ai fait un EP, j’ai autofinancé un album, assuré sa promotion pour faire découvrir ma musique au travers d’une centaine de concerts. Faire des émissions comme The Voice ou Taratata ont été des opportunités qui m’ont permis de profiter de vitrines afin de toucher un plus large public.

Aujourd’hui, je n’ai pas de regrets, même si c’est encore difficile d’en vivre pleinement. J’ai de plus en plus de plaisir à faire de la musique et j’essaye de me recentrer sur l’essentiel, qui est de composer des chansons. Un de mes plus grands plaisirs est de faire des concerts, de rencontrer le public dans une atmosphère chaque soir différente. J’ai du mal à avoir du recul sur ce que je fais, j’aime ce moment où je crée, je me dois de faire vivre mes chansons. Il y a tellement de belles choses partout que je me demande où je me place. J’essaie de me concentrer sur mes compositions et de ne pas regarder plus loin, c’est comme ça que j’arrive à faire le plus de choses authentiques. J’ai l’impression que pour arriver à faire des choses personnelles, il ne faut rien écouter, il faut s’enfermer dans une bulle mais c’est compliqué. Je suis dans une période charnière de ma carrière où je ressens le besoin de faire les bons choix et d’avoir les bonnes idées. C’est compliqué de faire face à tout cela et de garder la fraîcheur de l’écriture. Quand je pense à tout ce qui est à gérer à l’extérieur, cela parasite quelque peu l’écriture ; c’est anti-musical. J’ai besoin d’être bien entouré, de pouvoir vivre les choses pour la musique, pour m’enrichir et pouvoir faire de belles chansons.

Je recherche un label ou un manager qui comprenne ce que je veux faire. Je pourrais chercher à faire le single de l’été prochain ou le carton de l’année, mais ce n’est pas ma direction musicale. Par contre, j’aimerais que mes prochains projets puissent s’inscrire dans la durée. Le public qui m’a découvert à la télévision et les gens qui viennent me voir en concert sont très attentifs, ils sont passionnés de musique, ils veulent vivre des émotions. L’important est que le public aime ce que je fais. Il n’y a pas de bon ou de mauvais public. L’émotion est un des rôles que je donne à la musique. Chaque époque nous fait vivre des choses différentes mais la constante, c’est la musique, comme l’écriture. Au départ, on ne fait pas de la musique pour gagner sa vie.

Neeskens © Raphaël Susitna

Neeskens © Raphaël Susitna

Est-ce que vous livrez toute votre intimité au travers de vos textes et de vos chansons ?

On peut penser que c’est simple de parler de sa musique, de ses chansons, de ses textes, mais ça ne l’est pas. On me demande souvent d’où vient la musique que j’écris mais je ne sais pas répondre, c’est compliqué de parler de cela. La meilleure façon de parler d’une chanson est de la chanter. Par contre, je peux raconter les textes car je n’ai pas l’impression d’avoir fait des choses très personnelles. Certains textes me touchent plus que d’autres car ils sont issus de mon vécu. Après avoir parlé d’expériences de vie, d’une rupture amoureuse, de notre société ou de l’environnement, on peut recommencer en prenant d’autres mots, mais pour ne pas se répéter, il faut aller chercher au fond de soi quelque chose de très intime. C’est une autre dimension dans la musique et dans l’expérience de l’écriture.

À mesure que votre travail avance, votre sincérité envers le public grandit-elle ?

C’est un peu la chance du débutant, il y a des choses qui viennent avec la fraîcheur du commencement – parmi mes plus belles chansons, certaines sont les toutes premières. Il est rare de se bonifier en vieillissant. Généralement, on se fait rapidement étiqueter et catégoriser. Je voudrais ne pas avoir à faire du Neeskens toute ma vie. Justement, je lutte pour ne m’enfermer dans rien et pouvoir être, au fur et à mesure du perfectionnement, de la maîtrise de la scène et des instruments, le plus juste possible avec moi-même. L’expérience permet d’avoir un discours plus étoffé mais j’essaie d’avancer en gardant un maximum de fraîcheur.

Dans cette quête, est-ce que vous préférez des salles intimes ?

Toutes les salles sont différentes. J’aime être proche des gens en jouant au même niveau que le public. Jouer dans de grandes salles s’apprend, la technique est différente. Depuis deux ans, l’essentiel de mes concerts se fait en groupe. Je leur amène les idées et le texte mais leur accompagnement est une force au quotidien. Le nombre de représentations varie entre trente et cinquante par an. C’est un rythme bien équilibré.

Neeskens © Raphaël Susitna

Neeskens © Raphaël Susitna

Pourquoi avoir choisi ce pseudonyme : Neeskens ?

C’est un hommage à mes origines néerlandaises, je me sens bien avec ce nom. Au départ, je ne voulais pas jouer sous mon nom parce que je ne savais pas vraiment où je voulais aller. Avec le temps, il s’est avéré que nous jouons bien sûr ma musique, mais c’est un réel travail de groupe que nous faisons.

Comment voyez-vous l’avenir ?

J’ai confiance en mon avenir car j’ai accepté le fait que faire de la musique est une évidence, j’en ai envie et je vais continuer. Dans dix ans, j’espère que j’aurai fait plusieurs albums, que j’aurai toujours autant de fraîcheur. J’espère devenir un bon batteur, un meilleur pianiste et faire de belles chansons. J’ai souvent l’impression de toucher du doigt de très belles compositions, mais elles ne se concrétisent pas à la hauteur de ce qu’elles pourraient être. J’ai envie d’exploiter le maximum de ce que je peux donner.

Photographie à la Une © Raphaël Susitna.

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