Artistes maudits

Artistes maudits

stériles provocations.

Il existe des auteurs qui boivent en écrivant, des chanteurs qui se piquent avant de monter sur scène, des peintres qui fument autre chose qu’une cigarette avant de peindre… Il y a des artistes qui sont malheureux et contents de l’être. Il y a des créateurs qui se torturent l’esprit, qui ont toujours l’impression de trahir leur intégrité… Il y a… Oui… Et ce n’est pas d’une autre époque dont je parle… Je ne parle pas de Verlaine, Rimbaud, Baudelaire, Artaud ou je ne sais quel autre génie. Je parle des artistes que nous pouvons croiser tous les jours, aujourd’hui, ceux qui font la musique que j’écoute en écrivant, ceux qui écrivent les bouquins que je lis avant de m’endormir, ceux qui font le théâtre que j’aime voir.

J’ai pendant longtemps cherché à les comprendre et à leur ressembler. Je suis même allé jusqu’à avoir de terribles maux de tête qui m’ont plus d’une fois envoyés aux urgences. Je me disais que ça ferait bien dans ma biographie.
A cette époque je buvais tous les soirs et j’écrivais, j’écoutais de la musique jusqu’à 3h du matin en lisant les Inrock’. A cette époque le matin, en me levant, je buvais du café, je fumais trois clopes et lisais Le Monde… Et dès 11h, avant le déjeuner que je ne prenais pas, c’était le premier double whisky sec. A cette époque, j’avais une petite gourde pour ne jamais tomber à court dans la journée. A cette époque j’étais un artiste vous comprenez… Il fallait que je crée et que je vive de mes créations. J’étais sous pression. Il fallait oser écrire un film ou un spectacle pour le présenter à un public. Il fallait oser faire du théâtre contemporain en province et avoir la prétention que ça pouvait intéresser des gens. J’arrivais à me foutre de l’avis des spectateurs parce qu’envahi par cette puissance divine des degrés des verres de la journée.

Je devais prendre la place dans mon corps et lui donner une consistance, je devais être quelqu’un et pour ça je me réfugiais derrière les bienfaits de l’alcool.
Aujourd’hui j’ai envie de dire quelque chose à ces artistes qui se sentent obligés d’être alcooliques ou drogués pour créer, même s’ils se justifieront autrement.
Si vous avez besoin de ça pour nous emmerder avec vos œuvres, ne vous embêtez pas, on se débrouillera bien sans vous.

Merci de votre compréhension.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !
Facebook
Facebook
Follow by Email
Instagram
Antoine Guillot

Directeur de Publication / Auteur / Metteur en scène

Be first to comment