Asymétrie

Vieux pot et jeune dentelle.

ROMAN « Asymétrie » par Lisa Halliday, traduction par Hélène Cohen aux Éditions Gallimard.

Lorsque l’écriture creuse, tourne autour d’un amour – mais pas seulement – le langage lui-même permet de franchir un seuil de moins en moins admis. Il y a là en effet une part de risque puisque l’amour s’ose entre un vieil écrivain de 70 ans et une bien plus jeune ; elle n’a que vingt ans.

Mais Lisa Halliday prouve qu’une telle liaison échappe à tout voyeurisme ou lien équivoque. Les deux se reconnaissent. Roth (car c’est bien de lui qu’il s’agit) reconnaît dans celle dont il est épris une écrivaine. Pour preuve il accorda avant sa mort l’imprimatur à son livre. Ce qui n’est pas rien de la part de celui qui prit toujours grand soin de préserver le plus possible.

Existe ici un profil particulier du temps ou le profil particulier d’une autre variable de temps. Tout flotte mais vibre dans une succession de ponts en trois temps habilement montés. Le souvenir d’un corps et malgré son âge garde bien des charmes. Mais la jeune écrivaine ne se contente pas de répondre à la question : « Que puis-je en dire ? ».

Elle ne sombre jamais dans la mélancolie – bien au contraire. Emportée et non égarée par cette relation, Lisa Halliday avance. Et sa rencontre est moins un tournant de sa vie qu’une confirmation de ce qu’elle va devenir : celle d’une auteure au sens plein.

Image à la Une © Éditions Gallimard.

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