Barbara Polla

Conditions critiques de la vidéo.

Programmation vidéo de Paréidolie « Calligraphie », carte blanche fut donnée à Barbara Polla.

Les quinze vidéastes qu’a choisis Barbara Polla ne sont pas n’importe qui et ne font pas n’importe quoi : ils mêlent leurs dessins au mouvement. Mounir Fatmi tire sa « Jambe Noire de l’Ange » d’un tableau de Fra Angelico ; « La Guérison du Diacre Justinien » pour lui offrir une sorte de présence particulière. Eszter Szabo avec « Abandoning The Testicals » met à mal les attributs et les prébendes de la prétendue puissance masculine de manière iconoclaste. Quand à l’« Eden » d’Eva dieu y est bien mort.

Eszter Szabo, Abandoning The Testicals, 2017.

La paréidolie reste ici ce qu’elle est : une forme d’illusion d’optique qui associe un stimulus visuel informe et ambigu à un élément clair et identifiable en vue de transformations radicales. Les œuvres parlent d’un monde qui doit encore se révéler : il se peut que de tels ensembles imaginés ne cesseront pas d’être irréels mais néanmoins l’acte de création est de le réaliser. C’est pourquoi de telles vidéos ne font pas seulement office de signes : elles nous mettent en contact avec une fiction « valable » dans le sens où l’entend Blanchot : celle qui donne à voir le monde dans la propre consistance des dessins et de leurs mouvements. Preuve que le concept d’irréalité doit être réévalué. Barbara Polla ne cesse par ces choix de trouver les artistes qui vouent un culte à ce qui n’en pas.

Image à la Une © Mounir Fatmi, Jambe Noire de l’Ange.

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