Jean-Pierre Nadau

L’imaginaire grand format.

L’œuvre de Jean-Pierre Nadau témoigne du jour des images, de leur liberté, de leur abîme et de leur inconnu. Piéton de Paris caché dans les montagnes de Faucigny l’artiste dessine de manière compulsive sur des grands formats des sortes de plans de ville et des pictogrammes complexes et fascinants ou tout un monde s’anime nourri de réminiscences diverses. S’élabore et rayonne le réseau de récurrences progressives (films, lectures diverses) en un univers où se croisent par exemple Jean Gabin sur un improbable champ de courses et des figures d’un S.F. encore ignorée.

L’amoncellement des détails crée des permanentes au chaos pour d’une certaine manière et comme disait Zazie dans le métro, « le rendre indéfrisable ». C’est un véritable plaisir que de se perdre dans un graphisme inépuisable. Chaque « planche » ou rouleau devient l’exacerbation d’un monde travaillée avec une précision extrême. Par le noir la vie grouille, scintille, animée d’une dynamique interne qui pourrait apparemment rapprocher ce travail de l’Art Brut même s’il en reste le parfait contraire.

Tout vagit, grouille et semble bouger dans d’immenses fresques et leurs cicatrices ouvertes sur le temps passé pour guérir le futur qui nous guette.

Jean-Pierre Nadau, Bora Bora, 19 x 28 cm.

L’image s’ancre, les lignes cherchent les formes, défaillent, s’effritent de manière splendide : existe une danse extraordinaire de l’architecture en ce magma. La vie plus légère comme la plus sombre se gonfle pour inscrire un autre espace de la pensée, de la sensation.

Nul peut dire si nous sommes alors d’avant ou d’après la ruine ou le triomphe, nous regardons c’est tout. Chaque image flotte – rien ne sera stable et fixe. Puisque et Nadau le rappelle rien n’a jamais été vraiment sinon dans notre imaginaire ; ici il ne possède pas de fond : c’est un vertige.

Image à la Une © Jean-Pierre Nadau, dessin à l’encre de Chine sur papier, 21 x 30 cm.

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