Ben et Lux

Ben Vautier, « Il faut en rire », Musée Yves Brayer, Les Baux de Provence, jusqu’au 15 août 2015.

Par ses œuvres Ben Vautier transfigure l’art en mots et charpie : « je vous mets au défi de me citer un mot une chose une idée  que je ne puisse pas transformer en art contemporain » écrivait-il dès les années 60.

Il persiste et signe tout en évoluant sans cesse afin de lutter contre les pouvoirs qui génèrent forcément leurs abus. Pris entre pulsion de vie et de mort (« surtout après 19 heures » précise-t-il) l’artiste constitue sa quête hédoniste. Qu’importe s’il est incompris. Un peu de Vodka et beaucoup de poésie sauvent ses enchères et sa chair même si les anges (féminins) ne se déshabillent plus guère devant la sienne.

Ben n’en ne fait pas une choucroute. Pendant qu’on ne tire pas sur l’ambulance qui risque de l’emporter il sait qu’à chaque jour suffit sa peine et son petit bonheur. Il y a même sous son portail de belles femmes qui traînent.
C’est pourquoi dès 5 heures du matin il se réveille pour ne pas les rater. Mettant ses grains de sable dans les engrenages de la théorie esthétique, le « bipolaire » (qui préfère néanmoins le sud au nord) s’amuse toujours autant de ceux qui ne doutent de rien et surtout pas  d’eux-mêmes. Face à de tels « panseurs » – à 80 ans passés – le « Ben l’ethnologue » fait semblant d’être gâteux : cela lui fait gagner du temps, évite les palabres et permet d’aller à l’essentiel. L’artiste devient lanceur d’alerte : « Achetez-vous un poste à galène, apprenez le morse ». C’est là le seul moyen de « désamorcer » ce que ce qui se cache parfois sous le « kaïra o.k. » de la  démocratie ou de ses apparences. Il fut un temps où on croyait les vieillards.
Ce temps est-il passé ?

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