Sébastien Mettraux

Machines célibataires.

Exposition « Ex Machina » jusqu’au 18 juin 2017. Gare de Vallorbe (Halle de la voie 3), exposition hors les murs du Centre d’Art d’Yverdon, Suisse.

Dès qu’il est réveillé par sa montre mécanique, Sébastien Mettraux reprend ses constrictions avant d’emmener son fils au parc ou à la boulangerie du village pour boire un sirop. Puis, isolé, dans son atelier de Vallorbe, situé dans la gare, à côté de l’horloge, il peint (en bleu de travail) de nuit comme de jour avec la radio comme un bruit de fond. Menant de front plusieurs travaux, l’artiste sait toujours où il va accompagner de ses maîtres : Jérôme Bosch, Félix Vallotton, Charles Sheeler, Erik Bulatov. Ceux-ci ne l’empêchent pas de développer ses compilations horlogères ou mécaniques.

Sébastien Mettraux – Sans titre, 2015. Huile sur toile, 160 x 140 cm.

Les propositions plastiques restent ambiguës à l’image de l’enseigne lumineuse qui ouvrit Histoires de violence (galerie LAC Vevey) en début 2012. Pouvait s’y lire « never » ou « ever » en fonction du jeu de la lumière. Froids, parfaits, ironiques ses « paysages » remontent l’histoire de l’art. Et le créateur de remarquer : « Après de nombreuses recherches sur la représentation du paradis depuis la Renaissance, j’ai fait le constat que les images actuelles les plus proches de ces codes de représentation sont les visuels de promotion immobilière de luxe ». L’art se cache en conséquence parfois dans des niches imprévues. Le bonheur qu’évoquaient les peintres florentins est désormais sublimé autant avec sérieux qu’humour et dérision par des images forcément virtuelles qui mettent en scène des havres de paix. Du moins ce qui leur ressemble.

Image à la Une © Centre d’Art d’Yverdon.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !
Facebook
Facebook
Follow by Email
Instagram

Be first to comment