Carla van de Puttelaar

Le corps et son exil.

« Carla van de Puttelaar », Éponyme, Kahmann Gallery, Amsterdam.
32 pages 10€ – 2015.

Allongés ou dressés les nus de Carla van de Puttelaar sont moins des vues d’Éros que des reflets de la vie intérieure. Chaque portrait touche à l’ineffable. Si bien que l’image devient moins « chère aux paresseux qu’aux esprits profonds » (Baudelaire). L’apparence est fragmentée dans d’étranges relais entre le haut et le bas. Chaque portrait devient une bulle de songe en sa densité floconneuse mais nette. Rapt et extase y vont de pair. À l’épreuve de la reconnaissance figurale fait place une berceuse poétique capable de renvoyer des échos intimes dans la dynamique lumineuse et les couleurs tendres.

Carla van de Puttelaar (3)

La légèreté de la chimère laisse place à une gravité. Loin de la lubricité de la « pin-up », la femme devient l’absente absinthe par les décalages, les atténuations que l’artiste cadre. Son œuvre témoignage d’une évanescence et d’un charme proustien comme de formules alchimiques de résurgences.  Il convient de regarder les photographies de la néerlandaise en oubliant tout ce que l’on croit savoir au sujet du nu et de ses charges. Un tel abandon « demande un courage » dit l’artiste. Preuve supplémentaire que cet art n’est pas fait pour aux paresseux dont parlait Baudelaire.

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