Ce qui n’a pas de nom

Les mots et les noms.

LIVRE « Ce qui n’a pas de nom » par Gérard Pfister aux Éditions Arfuyen.

Gérard Pfister a tiré le titre de son recueil d’un aphorisme de Valéry : « La plupart ignore ce qui n’a pas de nom ; et la plupart croit à l’existence de tout ce qui a un nom ». L’auteur y développe les arcanes en mille quatrains et souligne particulièrement ce que les mots ne savent rien de ce qu’ils évoquent : le miel et les abeilles par exemple. Le tout comme si « ayant grandi en silos » leur mécanisme plus que de nous éclairer nous broient. Ils restent coquilles non habitées dans leur « semblant d’être » et leur vibration.

Gérard Pfister © Éditions Arfuyen.

Non qu’il n’y ait rien à en tirer mais il ne faut pas attendre ce qu’ils ne peuvent faire. Ils ne sont pas forcément des ersatz mais une approche, la seule (avec les images) que l’humain a trouvée pour tenter de se dire en son rapport à lui-même, aux autres, au monde. Ce n’est pas beaucoup. Mais à l’ombre des grands créateurs ce n’est pas si mal. Mais il est bon comme Pfister le propose de prouver qu’ils peuvent transformer le, jusque là, innommé pour le sortir de l’innommable comme un Beckett l’a prouvé. Afin de trouver ce que l’auteur appelle « la lumière / d’avant les mots ».

Pfister chasse de ceux qu’il conserve toute grandiloquence. Pour cela il oublie jusqu’au « je » pour aller droit devant en ce livre important par sa somme immense et humble où la bête devient homme. Elle n’avance « que d’instant en instant » dans l’éternité provisoire de ses mots. Il y a là la fatigue de l’existence bien sûr mais une endurance nécessaire à la vie tout autant.

Image à la Une © Éditions Arfuyen.

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