Dietlind Horstmann-Köpper

L’expressionnisme de Dietlind Horstmann-Köpper.

EXPOSITION « La vie selon Dietlind Horstmann-Köpper » jusqu’au 23 février 2019 à la Galerie Ruffieux-Bril, Chambéry.

Par son expressionnisme Dietlind Horstmann-Köpper crée selon une musique picturale polyphonique ou plutôt cacophonique. Il y a là un effort à la fois d’affaiblissement des apparences au profit d’émergences plus profondes. Chaque portrait (humain, animal) ou paysage crée une narration sans fards et intrigante. Loin d’être hasardeuses les erreurs de proportion appartiennent à un étrangement du réel et permettent l’intrusion d’un certain chaos.

L’artiste utilise au besoin la dérision non afin de rendre ridicule et pitoyable ses modèles mais et jusque dans ses bergeries de souligner un certain fiasco. La peinture inscrit un effet de chute – et non seulement des seins. La représentation écrase ou étire les corps dans la violence des couleurs. Ils deviennent par la peinture une chair qui définit la seule façon d’être au monde, les êtres ne semblent plus être dedans. Cette chair « théoriquement » placée en état de désir et de procréation – étant donnée certaines scènes suggérées – ne semble plus en état de répondre à de telles attentes même lorsqu’un bordel peut être imaginé. Cheveux noir de geai, ventres débordants, jambes cagneuses en fuseau écartées pour plus d’aise fléchissant aux genoux pieds ouverts. L’éros n’est plus au centre d’une telle économie libidinale. En surgissent plus que quelques altérations.

Dietlind Hortsmann-Köpper, Buste féminin, Huile sur toile

D’une certaine manière le corps s’en va par petits bouts. Néanmoins tout ne s’éteint pas dans le vide et l’insignifiance. L’image la plus crue n’inspire pas le dégoût mais une impression de mystérieuse délivrance paradoxale. « La vie selon l’artiste » est donc bien particulière. Elle reste un espace sans qualité, sans matière si ce n’est cette matière molle, informe dans lequel les personnages semblent se noyer, prisonniers de la négativité de tout acte et de la blessure d’exister.

Image à la Une © Dietlind Hortsmann-Köpper, Faune/Faunus, Huile sur toile.

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