Jackson Pollock

Cosmos / Apocalypse.

Jackson Pollock, « Abstract Expressionism », Royal Academy of Arts de Londres du 24 septembre 2016 au 2 janvier 2017.

Pollock empoigne l’espace par projection. Il jette la présence, non seulement pour la donner à voir mais à l’éprouver en multiples éjaculations et tourbillons de son bâton. L’espace devient peinture par le geste à l’épreuve du temps. Surgit l’étrange sérénité des apocalypses colorés.

L’espace est en pulsion parce que Pollock tue la virtuosité. Reste une prolifération d’envols à même le sol où tout commence. Par démesures et explosions ne reste – de manière presque « magique » – uniquement le nécessaire : à savoir l’ouverture du vertige absolu. L’espace tombe à l’intérieur de l’espace par proliférations de rythmes. Ils échappent à la conscience dans le désir de ne rien saisir et de tout donner.

Le geste qui catapulte ignore la volonté selon une sensualité paradoxale et l’extase de la pesanteur. Restent les syncopes lancées depuis le dos, les éjaculations de la démesure, l’immixtion d’un espace temps. La puissance de la démesure reste autant en excès qu’en pudeur. En précision parfaite aussi : là où, pourtant, rien, n’est prévu pour elle.

Image property of the Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, NY.

Image property of the Albright-Knox Art Gallery, Buffalo, NY.

L’acrobatie cosmique joue à plein. Au désordre apparent se substitue un ordre encore inconnu : déluge et paradis, chaos et certitude. Lévitation de la ligne d’horizon par calligraphie des gouffres du silence.

Jaillissent surtout les amalgames du destin par coulures en érections et flammèches sur la cible du temps. Le bâton qui bande et bénit jusqu’à la terre lance sa foudre et son foutre par le geste sauvage et intact. Reste la pulsation du corps et du cortex, l’imbrication du calme et de la violence, du chaos et de l’évidence dionysiaque.

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