Je suis seul

Je suis seul
Je suis seul, que je suis seul, avec même aucun Dieu à prier, qui veillerait par dessus mon épaule sur ma drôle d’existence, et plierait à la fin sur mes yeux le linceul.
Je suis seul, que je suis seul, dans ma petite chambre comme dans un grand magasin, dès le point du jour et du soir au matin.
Je suis seul, que je suis seul, dans les bras d’une femme, au milieu de la foule, je suis seul pareil au navire dans le silence qui coule.
Je suis seul, que je suis seul, et j’ai l’air perdu d’un banni, longeant d’absurdes routes, comme le fait la Terre dans la voûte infinie.
Je suis seul, que je suis seul, comme la voix du violon de Mendelssohn, suspendue dans le vide, auquel ne répond personne.
Je suis seul, que je suis seul, quand, parfois au milieu de la nuit, j’ouvre les yeux et me souviens qui je suis.
Je suis seul comme le loup sous les étoiles hurlant, que je suis seul face à la plaine silencieuse dans l’univers ronflant.
Je suis seul lorsque je te tiens la main, que je suis seul alors malgré ton sourire câlin.
Je suis seul, que je suis seul, mais j’ai tout de même un fidèle compagnon : un chagrin abyssal qui partout me poursuit.
Un jour lui aussi me quittera, car tout me délaisse, et je serai seul, que je serai seul, à pleurer ma tristesse.
Photographie à la Une © Elliott Verdier.
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