Jean-Claude Bélégou – Troubles diffus en Paradis provisoires

Jean-Claude Bélégou : « 1969 Primitives – 2013  Studies / Humanités », Fotoforum, Innsbruck, du 29 mai au 9 juillet 2015.

L’exposition autrichienne de Jean-Claude Bélégou permet d’ajuster ses premières images aux plus récentes. L’artiste transforme ses modèles en miroirs d’un gouffre figural qui ouvre à bien autres choses que des fantasmes au sein d’interstices d’effraction. Subsiste un abandon direct ; le corps – nubile ou non – gagne en charme car il s’éloigne des effets. La femme ne possède plus rien qu’elle. Elle possède ce qu’elle est et trouve sa poésie dans l’abandon le plus simple.

Jean-Claude Bélégou - Troubles diffus en Paradis provisoires

Jean-Claude Bélégou – Troubles diffus en Paradis provisoires

Chaque tirage semble insensible au passage du temps même si l’artiste saisi les modèles dans le cours des saisons. Loin de l’indifférence artificielle des statues vivantes, ses modèles plongent le regardeur dans la région où la pensée n’est que panier percé. Des noyaux d’ombre sont conjugués. Ils sont parfois sur le point de faire poindre le plus délicieux des « dangers ». Perdurent des pliures d’ombre, un chemin frayé  par degrés – parfois  jusqu’au pubis.

Les jambes sont des routes, les dos des collines inspirées. Le désir n’est pas loin mais n’est pas forcément convoqué. Dans d’autres prises les jupes sont abandonnées. Une bretelle s’est vite décrochée. Mais tout reste en suspens même si la vision est tactile. Demeurent bien des seuils à franchir. Aux assauts d’homme, aux grands mots d’amour Jean-Claude Bélégou ne proposent pas de grands remèdes. En cet enfer tel un nouveau Dante erre au paradis au trouble diffus.

Vous aimez cet article ? Partagez-le !
Facebook
Facebook
Twitter
Visit Us
Follow by Email
Instagram

Be first to comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.