Joris-Karl Huysmans

De Satan à Dieu.

LIVRE « Romans et Nouvelles » par Joris-Karl Huysmans publié sous la direction d’André Guyaux et Pierre Jourde avec la collaboration de Jean-Pierre Bertrand (1960-…), Per Buvik, Jacques Dubois, Guy Ducrey, Francesca Guglielmi, Gaël Prigent et Andrea Schellino dans La Pléiade, Gallimard.

En guerre avec la modernité et la démocratie (sauf dans ses premières œuvres où il semble un futuriste avant la lettre) Joris-Karl Huysmans, frileux comme un chat, prôna la solitude, le célibat. Il resta en colère – et c’est peut dire – contre les ravalements haussmanniens dont le recouvrement de la Bièvre. Sa critique est plus ontologique qu’idéologique. Il ressent le neuf comme une coupure avec le passé. Il reste intéressé par les strates du vieux Paris par exemple dans une œuvre autobiographique de celui qui se veut reclus et esthète.

Joris-Karl Huysmans © André Taponier (1904).

Célibataire non endurcit (il vivra vint ans avec Anna Meunier) l’auteur est une figure ambigüe comme ses personnages dans « À rebours » avec ses névrosés et les « femmes bouledogues » contaminées par la grande vérole à savoir la syphilis. Naturaliste, satanique (avant sa conversion), il fait du mal ses chapitres dans lesquels il ne faut par chercher de narration classique mais une dilatation des corps souffrants.

Dans « À rebours » l’auteur accumule des aventures sexuelles dont le degré d’investissement reste douteux. C’est sans doute les fantasmes d’un vivant plus que sa vie elle-même au nom de Satan le sauveur des hideux, des bouffis, des hystériques. Le luciférisme de Huysmans entre autres dans « Là-bas » est extrémiste et ne serait sans doute plus publiable aujourd’hui. Ce genre est pour lui le fruit d’un mouvement d’esprit profondément négatif assailli de pensées obscènes. Et « À rebours » lui permet de passer à « Là-bas » puis « En route » jusqu’à sa « Cathédrale ». Nous retrouvons ici l’essentiel d’une œuvre par ailleurs d’une drôlerie presque insupportable mais délicieuse.

Image à la Une © La Pléiade, Gallimard.

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