Katia Krief

Regard figé, silence hypnotique.

La peinture de Katia Krief nous plonge dans une profonde intimité où le temps n’a plus cours. Les corps représentés, principalement féminins, semblent figés dans une sorte d’attente silencieuse, énigmatique voire hypnotique. Habillés de robes de mariée, de simples taffetas ou d’élégants kimonos, ces êtres de chair parfois enfantins avec une candeur et une naïveté ambigüe, parfois jeunes femmes épanouies, d’influences asiatiques qui en réalité ne le sont pas, dégagent une nostalgie, heureuse ou mélancolique.

Nous sommes confrontés à une écriture très personnelle, une façon totalement unique d’écrire le visage de ces personnages. Cette démarche parle par l’image et non par les mots. La récurrence que nous pouvons percevoir au premier regard de cette peinture dévoile en réalité une variation extraordinaire. L’enfermement de Katia Krief n’en est pas un. La finesse de la toile et du geste dévoilent des variations immenses. Cette écriture personnelle semble sous contrôle mais ne l’est pas. Elle peint et se laisse surprendre par la matière. Elle laisse avec grâce son instinct faire les choses et prend des risques, se laisse aller dans le sillage de la volonté du hasard. L’artiste se livre à une grande liberté, une grande magie, dans une continuité instinctive. Ces choses qui lui ont complètement échappé, qu’elle a confiées à sa matière après avoir creusé l’inspiration. La construction d’une grande démarche picturale.

Quelles seraient les premières images qui vous ont interpellée ?

Dans le domaine de la peinture, mes premiers souvenirs marquants sont les visages et les corps à l’encre de l’artiste sud-africaine Marlène Dumas que j’ai découverte au Centre Georges Pompidou. Ce fut pour moi un vrai choc esthétique. J’ai également été interpellée par Yan Pein Ming et ses grands portraits saturés de noir, de blanc et de gris ; je ne pensais pas que l’on pouvait faire cela en peinture.

Ces premières images ont été des déclencheurs qui ont en quelque sorte nourri et amorcé ma démarche artistique. Tout a commencé il y a environ dix-sept ans, après la naissance de ma fille. J’ai fait une licence d’arts plastiques par correspondance à l’université de Paris Sorbonne, ce qui m’a permis d’une part, d’apprendre des techniques et d’autre part, de contextualiser ce qui était en train de germer en moi.

Quel rapport à vos toiles avez-vous ?

J’ai commencé à dessiner des bébés sur papier et j’ai très vite évolué vers la peinture de figures féminines : fillettes, jeunes filles ou femmes adultes. Je ne cherche pas à les distinguer ou à les catégoriser par leur âge, comme je ne cherche pas à les enfermer. C’est pour cela que mes toiles n’ont pas de titres. Mon travail évolue au fil du temps, tant par l’apport de différentes textures que dans les couleurs, au début je n’utilisais que du noir et blanc, puis j’ai progressivement incorporé du rouge ou du jaune par exemple. En revanche, la femme demeure dans mes toiles comme une nécessité, ces portraits s’imposent à moi.

Katia Krief est représentée par la Galerie Au-delà des Apparences.

Image à la Une : Katia Krief – Sans titre à la robe jaune, 89 x 130 cm.

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