Le monde de Fred Deux

Le corps et son trouble.

Exposition « Le monde de Fred Deux » jusqu’au 08 janvier 2018 au Musée des Beaux-Arts de Lyon.

Tout en revenant aux choses du quotidien – car notre réalité est ainsi faite de ce qui nous est proche, et que les horizons lointains sont, tels les lendemains qui chantent, rien d’autre que des miroirs aux alouettes – Fred Deux ne s’est jamais limitée aux apparences sans tomber dans l’invraisemblance. Il avait d’autres visions à attiser. Fred Deux ne cesse de faire dévier le corps en divers types de coupes et de transformations.

Reste un mélange de secousses et de réseaux. La transfusion s’inscrit selon des organes étranges, des entrailles de cerveau en une concentration de gris et de lumière. L’angoisse peut s’étendre. Mais la jouissance tout autant. Le dessin déchaîne, somme, dissout mais fait aussi résistance au corps. Il ne s’agit pas d’exposer sa dépouille mais sa disponibilité. Le gris creuse, demande sa part : il est là, comme l’écrit l’artiste, pour « révéler et amener à dire : ça y est ».

Fred Deux, La patiente, 1972 Lyon musée des Beaux-Arts © ADAGP Paris 2017. Image © Lyon MBA Photo Alain Basset.

À la fois prédateur et proie Fred il veut saisir ce qui lui échappe : « il faut pour dessiner avoir une descente sous les pieds » dit-il. Dépossédé il parvient à une création aussi noire que pâle, aussi sensuelle que janséniste sous l’effet du graphite. Le noir pousse le blanc et le blanc le noir. On ne sait qui habite qui – ni comment. Reste ce qui coule et ce qui remonte pour le seul bénéfice du trouble, avec un seul mot d’ordre : « J’écoute, j’écarte, j’attends ».

Image à la Une © Fred Deux, Mars, encres, 2012. Encres. 72 x 60 cm. Musée des Beaux-Arts de Lyon. Galerie Alain Margaron © ADAGP, Paris 2017.

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