Les trois jours du chat

In memoriam – ou presque.

LIVRE « Les trois jours du chat » par Raymond Penblanc aux Éditions Le Réalgar.

Dans la cuisine, le Père vient de mourir. Juste au-dessus, cloîtré dans le grenier, le Fils veille. Terrifié, il se refuse à intervenir : « Pap buvait son Ricoré quand ça lui a pris. Le verre a roulé sous la table, sans se briser, une petite flaque s’est formée par terre, j’ai failli marcher dedans. Surtout ne toucher à rien. La chaise renversée ne sera pas relevée ». À partir du lendemain, les visites au défunt se succèdent, sans que le narrateur montre son nez.

Raymond Penblanc.

Le voilà « pour de bon orphelin, orphelin complet », abasourdi et sonné. « J’ai envie de pleurer comme un enfant et de rire comme un vieillard. La boîte de sucre est restée sur la table, je remplis ma poche d’une dizaine de morceaux, j’en croque un pour me soulager, pour éprouver un semblant de douceur, mais il me râpe le gosier ». Et dès lors tout déraille. Manière de tenter de tourner la mort pour ne pas (trop) la voir.

L’écriture est impressionnante : à chaque phrase le sourire s’esquisse mais le rire est retenu eu égard à la situation. L’auteur crée un superbe déséquilibre, touchant mais aussi désopilant tant l’auteur à la capacité de décrire la situation apparemment au ras des pâquerettes avant que le père aille manger les pissenlits par la racine.

C’est à la fois provoquant, pathétique mais surtout drôle voir trop peu sensé, ou trop peu convenable Tout doit rester sans qualités. C’est l’expression rhétorique de l’écart, d’un rabâchage gestuel apparemment chaotique mais construit sur ces effets de reprises et de variations.

Image à la Une © Éditions Le Réalgar.

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