Linda Bachammar Clerget

Insolitudes.

Souvent, en scénarisant la solitude des femmes, les artistes hommes ne créèrent pas « du » sujet mais l’ôtèrent. La femme solitaire devient l’absente de tout lieu obligée d’appeler un devenir qui ne lui appartiendrait pas.

Linda Bachammar Clerget tout en reprenant ces souverains poncifs les revisite à sa main par ses autoportraits de reprise de visions classiques de l’art. Les autoportraits ne sont d’une part pas les « siens » mais en même temps lui appartiennent en propre par ce qu’ils disent non sans humour discret.

L’artiste semble revenir provisoirement à elle pour mieux figurer une « nature » souvent exploitée par les hommes artistes en vue de figurations qui tiennent de la spoliation. S’y rejoue de fait la problématique de l’œuf et de la poule.

Celle qui n’avait plus d’images en propre retrouve une forme amusée et insidieusement impertinente. Surgit un imaginaire capable d’engendrer des « schémas vitaux » de construction afin de redonner à la femme un espoir. La créatrice pourrait donc affirmer comme Henri Michaux le proclame : « Allons, tout n’a point encore succombé ».

Image à la Une © Linda Bachammar Clerget, L’extase.

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