Lucie Geffré

PRESCRIPTION CULTURELLE • ON RENCONTRE

EXPOSITION « Lucie Geffré & Jean-Louis Bernard » jusqu’au 20 juillet 2019 à la Galerie Ruffieux-Bril, Chambéry.

L’artiste donne à voir des portraits, des natures mortes dont les traits s’estompent en finesse, entre présence et absence, ombre et lumière.

Est-ce que l’on peut tout d’abord revenir sur votre parcours ?

J’ai fait des études de lettres modernes à Bordeaux et en Angleterre. Je faisais également de la sculpture pendant mon temps libre et elle a commencé à prendre de plus en plus d’importance dans ma vie, j’ai donc eu envie de m’engager dans cette voie-là. J’ai étudié la sculpture dans des ateliers, avec des professionnels, ce qui m’a permis d’apprendre tout l’aspect technique. À cette époque, j’avais plus envie de pratiquer que de faire de la théorie. Puis, j’ai travaillé toute seule pendant quelques années avant de me tourner vers la peinture ; la peinture fut une découverte très importante pour moi. Je n’ai pas totalement abandonné la sculpture mais celle-ci, telle que je la pratique, nécessite une mise en œuvre plus laborieuse et longue. La peinture, elle a une immédiateté qui est libératoire pour moi.

Un autre moment important dans mon parcours a été la résidence à la Casa de Vélázquez en 2012/2013. Cela a tout changé pour moi car, pendant un an, j’ai pu me consacrer uniquement à ma carrière artistique ; cette expérience enrichissante fut déterminante.

Quels seraient vos pairs, vos sources d’inspirations passées ou actuelles ?

Tout d’abord, il y aurait Auguste Rodin qui a eu une énorme influence, c’est un de mes sculpteurs préférés. Il y aurait aussi Giacometti. Mais, ce qui m’a donné envie de faire de la sculpture en premier lieu, ce fut la découverte des œuvres du Bernin : un véritable choc esthétique. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment cela qui me nourrit. J’ai développé un langage plus personnel et je me sens désormais plus proche, par exemple, d’Ibrahim Shahda : un peintre figuratif français d’origine égyptienne qui a notamment réalisé des autoportraits que je trouve bouleversants. J’ai d’ailleurs moi-même commencé par faire des portraits – que ce soit en peinture ou en sculpture.

Attablée par Lucie Geffré. Acrylique et fusain sur toile, 30 cm x 30 cm (2018).

Quelles sont vos thématiques de recherches, vos axes de travail ?

Depuis deux ans environ, j’ai vraiment ouvert l’éventail de mes thématiques de recherches. J’aborde les animaux, les paysages qui sont sur une ligne nettement plus abstraite ou encore les natures mortes qui s’inscrivent dans un axe que je travaille beaucoup. Quand je réalise mes toiles, il y a par exemple, des différences sur les techniques utilisées : pour les portraits j’emploie toujours la peinture à l’huile et pour les natures mortes, je combine l’acrylique et le fusain ou le pastel.

Je travaille de manière progressive et des séries se dessinent au fur et à mesure. Pour la thématique des animaux, j’ai commencé à peindre des biches, quelques vaches puis un chien et encore un autre. Je n’ai jamais eu de chien mais je me suis rendue compte que j’étais interpellée par la proximité que l’on pouvait avoir avec eux. À l’image d’une silhouette humaine, quand on voit passer l’ombre d’un chien du coin de l’œil, on le reconnait immédiatement, il nous est familier. Ce qui m’intéresse, c’est de trouver comment représenter un chien avec le moins de trait possible comme pour arriver à s’identifier à l’émotion qu’il transmet.

Pour la thématique des natures mortes, j’ai commencé à peindre des bouteilles, des pots et des théières sur des formats assez petits si l’on compare aux portraits. C’est loin du spectaculaire, c’est intimiste, silencieux, ça demande au regardeur de s’approcher, de prendre le temps. Je cherche à donner une atmosphère, une certaine poésie et une émotion.

En ce qui concerne les portraits, au sens large, cela reste ma thématique principale. Le visage ne cesse de me fasciner. Ce sont généralement des proches qui posent pour moi. Je commence par les prendre en photo car j’aime avoir plusieurs angles de vue, voir le relief de la personne et décider de la lumière qui me plait. Je travaille donc à partir de photographies pour faire ma composition en atelier.

Image à la Une © Lucie Geffré, L’écoute, technique mixte sur toile, 130 x 81 cm (2014).

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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