Muse, le son qui fâche

 

Ce « Bonus Day », annoncé en grandes pompes par Musilac continue de faire couler de l’encre virtuelle. Les commentaires sont nombreux sur la page Facebook du festival, pour déplorer une faiblesse sonore lors du concert de Muse.

Placé le long du lac, juste derrière la tribune des partenaires, j’ai pu assister à leur prestation sans avoir de bouchons dans les oreilles et, fait notable, sans subir les sifflements habituels le lendemain. Je peux donc comprendre que les personnes placées très loin dans la foule puissent râler. D’autant plus que la qualité sonore laissait à désirer à certains moments.

Bassiste de formation, je suis très pointilleux sur le son de cet instrument, trop souvent dévalorisé dans les festivals, pour l’avoir constaté moi-même. Dans la très bonne set-list proposée par Muse hier, The Handler est un morceau qui propose une belle séquence mélodique. Pourtant hier, quelle déception de constater que je n’en percevais aucune note… Pareil pour Dead Inside ou sur quelques parties de Citizen Erased. Même topo avec le passage basse-batterie. Je connais ce « jam » par cœur et j’adore le jouer. Pourtant, je n’ai là aussi, perçu qu’une bouillie de notes… On ne peut évidemment pas retrouver une qualité studio, mais de là à se retrouver parfois avec un tel fouillis à certains moments du concert…

Toutefois, hormis ces petits soucis, il n’y a pas grand chose à dire. Pour les avoir vu plusieurs fois en live, j’ai tendance à penser que Muse, à l’instar d’autres groupes, peut parfois choisir ses concerts. J’ai souvenir d’une prestation à Genève, ponctuée de quelques fausses notes et d’un concert achevé au bout d’une heure, sans rappel. Hier, Muse nous a gratifié d’un concert énergique de bout en bout, d’environ 90 minutes, avec rappel. Je reconnais qu’ils auraient pu jouer un ou deux titres supplémentaires. Mais la vérité est ailleurs.

La vérité est dans le son, le vrai. Celui qui, pur, sort de l’instrument plutôt que des amplis. Et là, les trois britanniques sont imbattables. Matthew Bellamy a compris depuis longtemps comment associer les notes et marier les gammes, pour en sortir la quintessence. Si on rajoute les envolées lyriques dont il à le secret, trompant parfois le spectateur qui se demande si c’est sa voix ou sa guitare qu’il entend, on retrouve là tous les ingrédients qui font le succès du power-trio britannique depuis plus de 20 ans. Huit ans après leur premier passage sur les bords du lac, les trois amis ont fait un joli cadeau aux festivaliers en proposant plusieurs morceaux issus de leurs débuts. Uno, Citizen Erased et Apocalypse Please ont été un ravissement pour les oreilles et ont rappelé de jolis souvenirs d’adolescence à un certain nombre d’entre nous. Et là dessus, on ne peut que s’incliner. Muse en concert, c’est vraiment quelque chose à voir une fois dans sa vie.

Malgré tout cela, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils auraient pu mieux faire. Jouer davantage de morceaux. Faire davantage la fête sur scène. Car le groupe entretient une relation privilégiée avec le public français, qui a très tôt adhéré à l’univers de Muse. Ce n’est pas un hasard si le premier live destiné à la vente, Hullabaloo, a été enregistré en 2002 au Zénith de Paris. Le fan absolu que je suis formule donc quelques regrets. Mais il serait malvenu pour autant de leur jeter la pierre. Le concert d’hier soir était largement satisfaisant et ces quatre jours de Musilac auront été intéressants, malgré le manque de « vraies » têtes d’affiches. Beaucoup de petits groupes méconnus ont tiré leur épingle du jeu et ont glané de nouveaux fans.

Après tout, n’est-ce pas là l’un des rôles majeurs d’un festival ?

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1 Comment

  • Répondre juillet 15, 2015

    souhir

    Et bien j’ai aussi le souvenir d’un concert de Muse au son fâcheux, à Musilac aussi, je ne me souviens plus l’année, peut être en 2008… ce qui est sûr, c’est que nous étions un petit groupe, nous n’avions pas supporté : le son, trop fort, des basses à vous faire tourner de l’œil, la presque « nausée »…

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