Musilac Jour 03

Le festival a commencé il y a tout juste quelques heures, et voici le dernier (et bref) tour d’horizon des artistes qui viendront, espérons-le, réchauffer l’atmosphère quelque peu lugubre qui plane depuis plusieurs jours autour du Lac. Révisez une dernière fois vos gammes !

Stromae

Stromae

Stromae

Comment commencer la distillation de la prog’ de cette dernière journée de festival, sans s’attaquer, d’emblée, au phénomène Stromae ? Un artiste qui depuis 2009 et son « tube » Alors On Danse, redore un peu le blason de cet empire disloqué qu’est le royaume de Belgique. Sous ses faux airs de clown dégingandé et un peu triste, l’histoire de Stromae n’a pourtant rien d’une mauvaise blague. Au contraire, l’artiste gère d’une main de fer son image, devenant en 2013, et après l’envol de sa carrière dans les cœurs des 7 à 77 ans, (Il n’existe pas de mots assez forts pour décrire la stupeur qui nous empoigne l’âme lorsqu’un père, un oncle ou une tante, restés à l’âge d’or de Frank Michael, achètent le dernier album de Stromae et décrètent – tout en opinant du chef et en fredonnant l’air de Papaoutai – que ça, c’est de l’électro sympa…)  l’artiste francophone le plus convoité du moment. Sa chanson Ta fête, aura même été choisie pour être l’hymne officieux de la sélection des Diables Rouges lors du Mondial. Nous, nous avions eu Johnny Halliday et son Tous ensemble…un choix cartésien. Entre variété française, New Beat, Electro House et, pourquoi pas, Hip-Hop, le chanteur belge est sur tous les fronts. Véritable showman, ses prestations live ou sur les (trop nombreux) plateaux télés sont assez bluffantes. De son style vestimentaire très kitch, en passant par ses reprises surprenantes de vieilles comptines françaises, ses clips immersifs plus ou moins réalistes (Formidable) ou encoreses mises en scène androgynes (Tous Les Mêmes), chacun avoue, certes à demi-mot, vouloir assister à son concert, « juste pour voir et se faire une idée ». Car même si sa trop grande couverture médiatique agace un peu et commence à faire grincer quelques dents, il n’en reste pas moins un artiste accompli, capable d’innover et de capter l’attention d’un large public. Stromae, tout le monde t’aime ; ma mère, ma cousine, mon chien, mon père et même Drucker,  et alors, comme nous l’impose le calendrier, nous aussi nous attendons vivement dimanche prochain, mais t’as intérêt à être formidable.

Tous Les Mêmes

Formidable

Etienne Daho

Etienne Daho

Etienne Daho

En faisant le calcul, cela nous fait deux artistes ayant fait la première de couverture des Inrocks’ ces derniers temps. Pas le choix, on est obligé de trouver ça bien. Mais Etienne Daho reste hors concours. Il a quand même chanter un Week-end à Rome, et ce morceau lui confère l’aura d’intouchable. Auteur, compositeur, interprète et producteur, cela fait plus de trente ans qu’Etienne nourrit de sa pop chamarrée la scène musicale française. Issue de la New Wave generation, au même titre que The Hacker, Daho est devenue la figure de proue d’une génération découvrant,  entre peur et délice, les méandres du rock ionisé par les pulsations balbutiantes de l’électro. Des dizaines d’albums à son actifs, encore plus de tubes, Etienne est l’une des (si ce n’est LA) têtes d’affiches du festival. On peut trouver cela vieux jeu, lui préférer la fougue de Stromae ou bien la cool-itude de Kavinsky, il n’en reste pas moins un artiste complet, expérimenté, et parviendra sans nul doute à enflammer le parterre engourdi des festivaliers.

Week-end à Rome

Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie

Kavinsky

Kavinsky

Kavinsky

La France est encore à l’honneur avec cet homme – un brin mystérieux, un brin arrogant – sorti de l’anonyme et propulsé au rang d’idole depuis son E.P Nightcall, composition très travaillée il est vrai, de la B.O du film Drive. Quand le septième art sert de rampe de lancement à de jeunes musiciens tel que Kavinsky, on ne peut empêcher ces machines à fantasmes que sont nos coeurs cinéphiles de s’emballer. À nos yeux larmoyants alors d’apercevoir les scintillements hypnotiques de strass et de paillettes, à nos nez  pas encore poudrés de sentir la chaleur des terres hollywoodiennes… L’aventure est belle, mais derrière chaque sucess story se cache un monstre d’incertitudes. En effet, à l’image d’un Ryan Gosling aussi expressif au volant du film Drive que son cure dent, Kavinsky a laissé dans son sillage, et notamment lors de sa dernière prestation aux Eurockéennes, l’impression d’un musicien désabusé, trop sûre de son talent et qui se contente de balancer la playlist de sa gloire sur son Mac en levant nonchalamment la main. Si Sergio Leone, à travers ses westerns spaghettis devenus cultes, a mis en lumière le talent incommensurable d’un compositeur, n’est pas Ennio Morricone qui veut, et ce DJ parisien de 38 ans doit encore convaincre. Si des écrans géants sont là pour animer le spectacle, inutile de nous faire un remake d’un cinéma drive-in des années trente, auquel nous préférons sans conteste la chaleur et l’intimité des salles obscures.

Nightcall

Valerie June

Valérie June

Valérie June

Blues, Gospel, Folk Rock, une voix nasillarde et haut perchée qui fleure bon les années soixante, voilà les ingrédients qui font de Valerie June une artiste à la soul incontestablement enivrante. L’instrumentale – elle sait s’entourer de musiciens de génie – à la part belle dans ces prestations qui nous emmènent  à voir les contours incertains de la Nouvelle Orléans, d’Harlem, du Tennessee ou n’importe quel lieux où l’on s’imaginerai déguster une distillation d’éthanol prohibée. Pushin’ Against a Stone, son dernier album, confirme le talent d’une artiste dont les bases solides de carrière furent plantés dès 2006 avec un premier album The Way Of The Weeping Willow, à écouter absolument.

Wanna Be On Your Mind

Seasick Steve

Seasick

Seasick

Coup de projecteur sur un artiste lunaire – étrange et quelque peu guignolesque – à des années lumières de ses confrères musiciens auxquels il donnera la réplique dimanche. Par contraste et face à son allure de ZZ-Top esseulé et son vieux rock fait d’instruments de récup’, « les petits-jeunes » ou les pontes mélomanes, nous apparaissent comme des hommes d’affaires un peu trop lisses et aseptisés.  Déjà venu en 2010, Seasick Steve répondra de nouveau à l’appel des fans de la première heure ou aux novices en manque d’expérience poussiéreuse sur fond de blues éclaté.

Dog House Boogie

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Killian Salomon

Rédacteur / Auteur

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