Né du limon

LIVRE « Né du limon » de Claude Louis-Combet et photographies d’Elizabeth Prouvost aux Éditions Fata Morgana, 48 pages, 12€.
EXPOSITION « Ce que nous voyons, ce qui nous regarde » par Elizabeth Prouvost jusqu’au 18 mars 2018au Centre hospitalier de Troyes.

Le pouvoir qu’Elizabeth Prouvost accorde aux ombres des corps impose un vertige premier. L’œil suit ce qui est tracé, se frotte à la matière, s’effraie de la noirceur de l’ombre, tente de fraterniser avec la lumière, jouit de la force de l’obscur, surgit du vide. Tout est fait pour ramener à quelque chose de primitif et d’ailé. Nous revenons à la sortie (ou à l’entrée) de ce qui se fomenta lors de « la nuit sexuelle » – nuit première de la conception de celui qui toujours en ignorera tout. « C’est la naissance du sexe. C’est le commencement de l’histoire » écrit Louis-Combet. Elizabeth Prouvost imagine cet indomptable, cette nuit première cette chute suprême que l’être va tenter de remonter pour retrouver à travers toutes les femmes celles dont il est sorti, conçu moins que créé. Et c’est pourquoi de telles photos comme l’aurait dit Duras sont « sublimes forcément sublimes».

© Elizabeth Prouvost

Il en va de même avec toute son œuvre ou Eve comme Mme Edwarda au bordel n’a plus à payer la faute que l’idéologie masculine fait porter à la femme depuis des millénaires. Dans les volutes d’ombres entre argile et eau, se tendent tous les ressorts du féminin. Même couchée la femme tient debout au moment où tout le reste gît. Les chevaliers déposent leurs armes devant celle qui n’est plus contrainte mais dégagée de tous les péchés du monde. Comme auto-engendrée elle sort de l’épaisseur des origines et devient rose noire de personne.

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