Valérie Belin du virtuel au réel (et vice-versa)

Valérie Belin, « Les images intranquilles », Centre Pompidou, 24 juin-14 septembre  2015.

Valérie Belin affirme « photographier des visages comme des masques ». Elle immortalise ses modèles de cire avec l’envie de conserver un certain réalisme. Constituée d’une trentaine d’œuvres, l’exposition du Centre Pompidou est organisée autour de sa dernière série de «Super Models». L’artiste renoue avec la thématique du mannequin qui est au cœur de son travail. Devant ses images, il est souvent difficile de dire si ce que l’on regarde est doué de vie ou inanimé. Nul ne peut affirmer l’existence ou la virtualité de tels mannequins. Ils peuvent faire penser parfois à des natures mortes ou à un magasin de curiosité. Pour cela, elle intègre des artifices et des décors afin de renforcer le côté humain des mannequins. D’où l’introduction du concept d’« inquiétante étrangeté » déjà présent littérature romantique allemande du XIXème et cher à Freud.

Valérie Belin du virtuel au réel (et vice-versa) (2)

L’image en dépit son caractère hiératique n’a plus rien de pieuse. L’art sort de l’ordre de la foi, du religieux. En rien déiste le créatrice ne cherche pas de réconfort du regardeur dans l’image. Son expérience de la photographie se situe en dehors de toute croyance en la morale ou la vérité. L’image devient un « moyen terme » éloigné de l’absolu qu’elle nomme un « oratoire à dévots ». Valérie Belin garde sans doute un besoin d’infini mais l’art n’en est pas la cause. En conséquence le musée n’a rien d’un couvent : c’est un laboratoire d’expérimentation. Il s’agit d’y dépouiller les apparences en prêchant le faux pour faire jouer le vrai là où par efforts d’indifférenciation les mannequins provoquent mystérieuse fascination.

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