Ailleurs est ce rêve proche

L’ici et l’ailleurs.

EXPOSITION « Ailleurs est ce rêve proche » sous le commissariat de par Sonia Recasens avec les œuvres de Héla Ammar, Malala Andrialavidrazana, Fayçal Baghriche, Cathryn Boch, Marta Caradec, Julien Creuzet, Ninar Esber, Binelde Hyrcan, Sigalit Landau, Golnaz Payani, Caroline Trucco, du 13 janvier au 17 mars 2018 à la Villa du Parc, Annemasse.

L’exposition « Ailleurs est ce rêve proche » évoque les frontières, l’exil, l’errance, l’altérité, l’identité, de géographie, d’horizon, de terre promise. Et ce en une multiplicité de points de vue. Preuve que l’ailleurs demeure mobile et friable mais est capable de créer des rêves pas si éloignés qu’on ne le pense. Le lointain demeure proche et les artistes réunis ici en articulent la charnière.

Fayçal Baghriche, Souvenir, 2012, crédit Didier Plowy.

Golnaz Payani en propose une dentelle de frontières abstraites que le spectateur est invité à remplir. Pour Fayçal Baghriche les territoires se confondent, s’imbriquent. Malala Andrialavidrazana, oblige à affronter la vision d’un monde torturé par la violence. Quant à Sigalit Landau il prouve par sa vidéo qu’en dépit de leur haine réciproque des peuples ont été capables de créer un lien par delà la haine ou le mépris.

Caroline Trucco, Creuser la déception, 2016, crédit photo Joan Bracco.

C’est ce que rappelle aussi Caroline Trucco à travers ses cartes postales « Bons Baisers de Vintimille » en montrant la situation des migrants et de celles et ceux qui leur viennent en aide. Les dessins de Marta Caradec sont plus sombres. Le cours du fleuve Oronte s’y fait métaphore du flux de réfugiés tandis que les points de couture fragiles essaiment sur les cartes et plans déchirés de Cathryn Boch.

Dans cet ensemble l’exil se fait plus intérieur qu’étranger dans ce qui devient une réflexion sur les rapports de l’être à l’altérité comme le souligne Julien Creuzet dans sa photographie « Horizon introspectif ». Un archipel dessiné du bout des pieds sur une plage de riz blanc se déploie sur une mer de tissu bleu pour donner naissance à un lieu énigmatique et dansant. Il vient contredire l’Ile de la Déception de Caroline Trucco, sorte d’antithèse de la Terre promise de l’artiste Ninar Esber. Jaillit de ces correspondances une poétique particulière qui prouve que la vie faire résistance face à des morts annoncés et à ce qui est donné souvent pour acquis : l’indifférence.

Image à la Une © Malala Andrialavidrazana, Figures 1889, Planisferio, Courtesy 50 Golborne, London ; C-Gallery, Milano ; Kehrer, Berlin.

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