Âme versus Ego

Déployer ses ailes sur les cimes de la vie ou rester bien au chaud dans un cœur EnGOncé ?

Deux enfants jouent dans l’eau, l’un avec une planche, l’autre avec des palmes ; l’ennui pointe son nez chez l’enfant avec la planche qui réclame les palmes de son compagnon de jeu, d’autant que ce dernier semble s’amuser follement. Et c’est la guerre…

Des parents travailleurs, inquiets de l’avenir, ayant connu la guerre et privilégiant la pierre aux voyages ; une modeste maison de vacances au bord de l’océan comme patrimoine pour leurs enfants – réceptacle d’heureux souvenirs – ; un jeune couple aimant à se retrouver à l’ombre des pins, contempler les huppes fasciées se frayer un nid sous les tuiles du toit tout en dégustant des sardines grillées ; une grande sœur autoritaire et imposante, un oncle soumis et indécis, l’écriture d’un testament. Et c’est la guerre…

Un petit garçon choyé par ses parents pendant quatre ans, des désirs comblés à tout moment, une ritournelle de caprices supportés vaillamment ; l’arrivée printanière d’une petite sœur, jolie frimousse gazouillante aux cheveux noirs bouclés venant prendre sa juste part d’amour dans le monde. Et c’est la guerre…

Des alpinistes font l’ascension du Mont-Blanc, esprit sportif et solidaire, compétitif aussi, « La montagne, ça vous gagne », athlétiques, ils grimpent d’un bon pas, rien ne les arrête, il faut arriver au sommet en un temps record, faire mieux que l’année précédente ; un groupe d’espagnols surgit, en pleine descente, sans s’arrêter, pas de pitié, les bouscule un peu – eux les français sportifs autochtones ! – piqués au vif les montagnards à l’esprit solidaire se laissent gagner par la colère, des coups-de-poing s’échangent sur le plus beau des sommets sous une avalanche d’injures. Et c’est la guerre…

Un chirurgien doux et brillant – aspirant secrètement à déployer ses ailes dans les cimes de la vie et de l’amour –, une ancienne séparation douloureuse, des enfants éloignés, ballottés entre des parents déchirés, un homme blessé qui (se) ment, qui masque, qui (se) trompe, ne sait plus voir, plus sentir, vite ! Panser la souffrance béante, s’associer à un autre cœur infirm(i)e(r) – lui aussi, divorcé avec d’autres enfants –, combler le vide dans les chambres d’enfants inoccupées pendant ces jours douloureux, le vide des cœurs et des corps à remplir par le manque, partager deux solitudes et un appartement, retrouver un cadre de vie factice mais familier, s’accrocher à un temps dépassé, peindre un décor en trompe-l’œil, créer de son mieux un « re-père » cartésien pour le soi-disant bien-être des enfants puis s’évader de ce présent insipide – mais sans risque – dans une course effrénée contre le temps ;

des retrouvailles magiques un jour d’automne indécis avec une ancienne camarade de classe devenue artiste – à la fois libre et prisonnière de son indépendance, désireuse de faire voler en éclats les parois transparentes de la cloche protectrice – mais sans risques – qui l’enferme parfois –, exploratrice des saveurs du présent, magicienne à ses heures – croyant à la Lune, aux Étoiles et à la justesse de l’Univers – , prête à partager son amour pour la vie – la nature, les arts et les chats –, à se nourrir de tout ce qui lui est étranger et qui lui ouvre le cœur et l’esprit, à battre la chamade à l’unisson, à vivre intensément le feu sacré de la vie malgré des peurs tapies dans l’ombre d’elle-même ;

la danse de mille petits hasards pour les réunir – elle et lui – dans ce sublime tourbillon d’amour et de complicité, écarquiller leurs cœurs et leurs yeux engoncés dans la torpeur automnale, au carrefour de leur vie, la promesse de Beaux Jours partagés, des âmes et des corps affolés par cette graine d’amour naissante, nourrie par le plein de désir et de vie, vibrante et joyeuse, impatiente d’Éclore au Grand Jour, en lutte contre des Egos qui se demandent s’ils vont s’extirper de leur soi-disant « zone de confort ».

Que l’Âme s’impose devant l’Ego
Que l’authenticité batte à plate couture le faux-semblant
Que le féminin l’emporte sur le masculin
Que la cloche protectrice vole en éclats pour enfin laisser éclore l’amour légitime
Que la Lune éclaire de sa vérité la face cachée du Soleil
Que la lame du scalpel extirpe aux corps leurs peurs toxiques
Que les secrets cachés se confient à la Lumière du Jour

Mais chut… Voilà que dans un dernier souffle, r(ai)ésonne encore le « Gue » de guerre dans cet Ego agonisant… Tandis que le « (ai)M(e) » de l’Âme vibre de tout son Amour, triomphant. Victoire !

Image à la Une © Lilia El Golli.

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Helena Vintraud

Pour écrire à Hélène Vintraud : Lnvintraud@gmail.com

1 Comment

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    Répondre mai 30, 2019

    Stewer Paul

    Wouahou, je me suis plongé dans la lecture comme si c’était une description de la réalité. Plus qu’une fiction, j’y étais.
    Merci et bravo

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