Bonlieu Scène nationale Annecy 2017/2018 . 1e partie de saison

Dans la programmation foisonnante de Bonlieu Scène nationale Annecy, reflet de la richesse des démarches artistiques, laissez-vous surprendre par des spectacles qui vous porteront hors des sentiers battus entre septembre et décembre 2017.

Mon traître.

Emmanuel Meirieu porte sur scène deux romans de Sorj Chalandon, Mon traître et Retour à Killybegs, qui s’inspirent de l’histoire personnelle de l’auteur. Dans l’Irlande du Nord des années 70, Sorj Chalandon rencontre et se lie d’amitié avec Denis Donaldson, un leader de l’IRA et de sa branche politique, le Sinn Féin. Vingt-cinq ans plus tard, ce dernier avouera avoir été un informateur des services britanniques. Dans cette histoire d’un traître et d’un trahi, Emmanuel Meirieu capte les nuances d’une écriture ciselée en portant un témoignage, sans artifices et frontal.

Festen.

Faisant suite à Patio, Park ou Nobody, le Collectif MxM et son metteur en scène Cyril Teste continuent l’exploration de la performance filmique, un genre théâtral singulier qui s’appuie sur un dispositif cinématographique en temps réel et à vue créant des images éphémères et uniques. Transposé dans cette forme performative, le film Festen, réalisé en 1998 par Thomas Vinterberg, prend une nouvelle dimension dramaturgique en interrogeant le mensonge collectif et le racisme insidieux au sein d’une famille dont la nature humaine est mise à nu.

Cold Blood.

Poursuivant l’expérience initiée avec Kiss & Cry par la chorégraphe Michèle Anne De Mey et le cinéaste Jaco Van Dormael, Cold Blood signe la revanche des petites mains, la révolution de la technique qui envahit le plateau pour se donner à voir. Sur scène, un ballet de décors miniatures, de grues, de caméras, de projecteurs, de machines à fumée, d’illusionnistes occupés en silence à truquer le réel pour offrir un rêve, un film poétique, comique et sensible. La petite fabrique du cinéma se révèle au bonheur des curieux.

Le voyage d’Ulysse.

Après avoir donné corps à L’Iliade d’Homère, poème épique qui dresse le portrait de la nature de l’homme, Claude Brozzoni s’attaque à l’Odyssée en créant Le voyage d’Ulysse. Dans un bar-cabaret tel un coffre aux trésors empli de souvenirs, l’aventure intérieure d’un homme revenant d’un voyage de tous les dangers est déroulée. Interrogeant la construction d’une personnalité, la réalisation de l’être ou le simple bonheur de retrouver les siens, avec l’histoire antique comme ancrage, le metteur en scène annécien invite à prendre conscience du présent afin de mieux se projeter dans l’avenir.

Bacchantes.

Marlene Monteiro Freitas invite le public à voyager en son for intérieur en projetant sa propre imagination pour créer l’endroit de la fiction. Après son solo Guintche, qui transperçait par sa dose de folie et de ses excès assumés, la chorégraphe et interprète poursuit sa recherche avec Bacchantes. En distillant les émotions liées à des situations, elle interroge l’irrationnel, le délire et la magie. Dans cette pièce de danse et de mystère, il est une forme d’immédiateté en proie à une furieuse extase.

Blockbuster.

Sur scène, le Collectif Mensuel et Nicolas Ancion font du mashup, un mélange d’images et de sons, afin de produire en direct leur Blockbuster réalisé à partir de 1400 plans-séquences puisés dans 160 films hollywoodiens. Cette pièce-film inédite et insoumise utilise le rire et l’ironie subversive comme armes principales face au contenu bien souvent dramatique de la société et contre les tendances de la pensée unique. À travers la parodie et l’humour, les concepteurs ne donnent pas de réponse mais permettent à tout un chacun de s’interroger.

La Fille du collectionneur.

Plasticien et metteur en scène, Théo Mercier déploie son travail en mêlant ces deux pratiques avec La Fille du collectionneur. Les différents interprètes investissent une œuvre plastique, avec autant de danses, chants, musiques et dialogues, en la prolongeant dans un effort qui évoque celui du sculpteur au travail. Dans un lieu hybride, indéfini et pluriel qui pourrait être un espace mental où le chaos rencontre la multiplicité des sens, où les certitudes du monde réel se confrontent aux faux-pas de la mémoire, c’est une plongée au cœur de la recherche artistique qui est proposée.

Image à la Une © Bonlieu Scène nationale Annecy.

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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