Corinne & Bruno Bret

Antichambre de l’art contemporain à Chambéry, deux complices plutôt défricheurs que suiveurs !

Quelle est l’histoire de la galerie ?

Née en 1955 à Bâle en Suisse, j’ai commencé mon parcours professionnel de galeriste en suivant des cours d’histoire de l’art à Zurich. Durant vingt-cinq ans, j’ai été l’assistante d’Alice Pauli à Lausanne où j’ai pu côtoyer les plus grands noms et participer aux plus grandes foires de la scène contemporaine. Ouvrir ma propre galerie a été évident. S’installer à Chambéry s’est fait naturellement car mon mari et moi habitons à ce carrefour géographique pour des collectionneurs français, suisses ou italiens. Mon mari, de son côté, a toujours rencontré et collectionné des artistes vivants. Notre galerie est atypique, en étage, ce qui est assez courant en Suisse Romande. À monter les marches de cet immeuble ancien, on peut dire que «l’art se mérite» et ainsi les visiteurs changent d’univers. Nous travaillons en réseau. La galerie défend le travail de jeunes artistes français et étrangers dans différentes disciplines : peinture, sculpture, photographie, vidéo. En 2015, la galerie a dix ans. Nous présentons les artistes auxquels nous faisons confiance dans plusieurs expositions thématiques.

Votre galerie est-elle l’antichambre du succès ?

Notre vocation est d’offrir à ces artistes une visibilité. Il est facile d’exposer des artistes déjà montrés ailleurs. Le défi, c’est de présenter des artistes émergents, peu connus du public mais reconnus par leurs pairs. Un plaisir à partager avec collectionneurs, institutions et amateurs sans qu’ils soient contraints d’aller à Paris, Bruxelles, Berlin ou Bâle pour les rencontrer. En somme, l’étymologie d’antichambre prend tout son sens puisque nous donnons accès à quelque chose d’unique, l’œuvre d’un artiste. Dans notre société, c’est la seule production esthétique produite de façon unique. Ici, il y a le temps de la découverte pour présenter des artistes à l’œuvre singulière et souvent exigeante. Puis, il y a le temps de construire des partenariats comme celui avec le Musée des Beaux-Arts de Chambéry pour présenter d’abord Pierre David et maintenant Claire Trotignon.

Comment se retrouver dans ces différentes disciplines ?

À travers les partenariats, la galerie favorise les expériences croisées entre arts plastiques, littérature, musique ou encore l’architecture. Nous allons cette année tenter une expérience avec le design. L’art contemporain n’est-il pas le reflet du monde en mouvement ? J’aime « montrer peu, mais montrer bien » – « less is more ». Et, de leur côté, les artistes aiment explorer des pistes nouvelles, la galerie est l’espace où leur liberté se retrouve confrontée aux différents publics, aux autres artistes ou d’autres disciplines, le reste n’est que gourmandise.

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