Didier Faustino

Génie du lieu et Cosa Mentale.

Didier Faustino, « Des corps & des astres », Le Magasin (Centre d’Art Contemporain), Grenoble, du 12 septembre au 3 janvier 2016.

Avec « Des Corps & Des Astres », Le Magasin, Centre National d’Art Contemporain à Grenoble, permet de faire le point sur les travaux (2010-2015) de Didier Faustino, architecte, artiste, fondateur du Bureau des Mésarchitectures. Le créateur développe un travail protéiforme mêlant architecture, performance, installation, vidéo, design, scénographie. Dans une telle œuvre ce n’est pas l’usage d’un matériau qui fait le projet mais le projet lui-même qui appelle l’utilisation d’un matériau particulier. Pour Faustino l’architecture comme l’art revient à manipuler un alphabet. Il s’agit de le ré-agencer afin de créer de nouvelles situations qui posent une nouvelle hypothèse, génère des possibles. Avec « Sympathy for the devil » il a matérialisé l’idée d’un salon portatif qui se range dans deux sacs de vingt kilos. Manière de proposer une ouverture à la culture : « l’intérêt de la culture réside dans son partage. L’enjeu est plutôt de trouver des lieux pour les partager » écrit l’artiste.

Didier Faustino

Didier Faustino – Décors & Désastres. 2013 .

Il ne cesse de se confronter à l’espace social, politique, corporel, mental afin de générer d’autres possibles. Pour Faustino tout espace (grand ou petit) devient un jeu avec le mobilier ou l’objet le plus ordinaire et neutre. Jouant du leurre du leurre et de l’effet miroir (en hommage à Dan Graham) l’artiste ne cesse de repenser l’espace qu’il soit « utile » dans le cadre de l’architecture ou « ludique » dans le cas de l’art. Les deux parfois se rejoignent comme dans son projet de « maison trombone » constituée d’un mur continu, scindé par les espaces privés et l’espace collectif. Le client la refusa. L’artiste proposa alors  ses «gated communities» : la maison devient un système de tiroirs avec des limites privé-public.

Didier Faustino

Didier Faustino – The show must go home.

Tout l’art de Faustino tient donc de la conversion, de la mutation. Extérieur et intérieur sont soumis à une la mécanique des fluides. Poussant plus loin ses investigations sur l’hypocrisie politique des sociétés face à l’émigration, dès la biennale de Venise de 2000, le plasticien a créé une valise qui sert à transporter les clandestins dans les avions. « C’est un projet indéfendable et inacceptable en tant que modèle » écrit l’artiste. Dans cette profusion de signes, Faustino associe les décors domestiques et les paysages désastreux dont la dimension transgressive malmène les sens. Sous le commissariat de Reiko Setsuda l’exposition se couronne à Grenoble par l’installation monumentale spécifique intitulée Vortex Populi.
À voir absolument.

Photographie à la Une : Didier Faustino – Nowhere Somewhere. 2013 © ADAGP.

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