Elizabeth Prouvost (& Iglesias)

Des après-minuits de chien.

Exposition « Katharsis – Le Jeu secret » jusqu’au 07 janvier 2018 au Till Richter Museum, Buggenhagen (Allemagne).

L’œuvre d’Iglesias est une référence incontournable. La matière y est surgissante et agissante sous l’effet de lumière noire qui la dilate et le renvoie vers un autre destin. Elle sort de son état spectral et semble s’animer. Elle rentre en demeure d’hypnose ou de sidération. Tout devient joyaux dans les réceptacles à la Goya ou de Bacon dont l’artiste de Lérida reste le plus que digne descendant.

© Gregorio Iglesias Mayo.

Existent un univers comparable dans les photographies d’Elizabeth Prouvost : noir, étrange, violent, sensuel. Le corps prisonnier devient le réceptacle de cérémonies secrètes aux alchimies étranges, fantomatiques et pourtant plus réelles que le réel. Si bien qu’il en devient iridescent.

Dans cette superbe exposition, chaque élément se présente comme un volume plein isolé dans l’espace. Mais au lieu de s’emmurer d’avoir été « rapporté » il s’ouvre à la dissémination spatiale à mi-chemin entre la méditation et la fascination.

Radeau des damnés © Elizabeth Prouvost.

Née de l’imaginaire et de références picturales l’œuvre d’Iglesias est grevée de chiens. Ils constituent un des sujets majeurs de l’artiste. Parfois prédateurs, parfois victimes, soit maîtres, soit esclaves. Quant aux compositions de Prouvost, les êtres s’imbriquent de manière chaosmiques. Dans les deux cas des narrations complexes mettent en branle l’aspect le plus sombre de l’être comme du cerbère. Celui-ci devient parfois un sorte d’autoportrait de l’artiste et un symbole de l’humain trop (ou pas assez) humain.

Photographie à la Une © Elizabeth Prouvost, Enfer 7.

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