Flâneuse

Les pas jamais perdus.

LIVRE « Flâneuse » par Lauren Elkin, traduit de l’anglo-américain par Frédéric Le Berre, aux Éditions Gallimard, Collection Étonnants voyageurs, Hoëbeke.

Superbement traduit, le livre donne toute la dimension de ce que « flâner » veut dire. Le verbe d’ailleurs convient mal. Le substantif « flânerie » est plus adapté : il ajoute du mouvement à ce qui devient une sorte d’éthique de vie. Segmenté de cinq images dont deux photographies d’une femme (par Marianne Breslauer et Ruth Orkin) qui ouvrent et ferment le livre, celui-ci forme une boucle. L’auteure y aura animé, déconstruit et réorganisé l’espace selon son bon plaisir, son intelligence et ses amours.

Lauren Elkin © Marianne Katser.

Ils ponctuent sans fausse pudeur mais sans rien non plus d’exhibitionniste des traversées où le désir à sa part comme parfois une certaines répulsions (quelques manifestations parisiennes n’y sont pas pour rien). Mais tout ce qui tient d’un impressionniste intime est appuyé sur une histoire plus large. Chaque anecdote personnelle ramène aux grands modèles féminins de la créatrice : George Sand, Susan Sontag, Agnès Varda et Virginia Woolf ombre tutélaire qui accompagne – implicitement ou non – l’auteure.

Passionnant de bout en bout le livre permet d’offrir une autre vue des villes tout en saisissant leur réalité, leur lumière, leurs habitants et leurs habitudes. Cette manifestation des paysages urbains à travers le filtre intérieur de l’auteure et les cendres et étincelles qu’elle recueille, rend compte de manière surprenante de ce qui tient moins d’une rêverie que d’une sorte de « police ». Celle-ci prouve qu’il ne faut pas confondre flâneuse et flemmarde. La première ne se permet pas la paresse mais l’abandon.

Image à la Une © Éditions Gallimard.

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