Une machine à voir

Voir mais regarder.

ROMAN « Une machine à voir » par Bernard Noël aux Éditions Fata Morgana.

Dès l’origine de son œuvre, Bernard Noël ne cesse de chercher à savoir ce que la question du regard engage. Il traque l’espace du regard, comment se dégage-t-il ou tente-t-il de le faire de l’espace mental qui le traduit et trahit. La question du visible et/ou de la visibilité ramène donc à cette « machine à voir » par où la plupart de nos perceptions passent ou ne passent que mal tant elles sont filtrées.

Bernard Noël © Éditions Fata Morgana.

« J’ai été un débutant en reflets. Il suffit d’un miroir comme matériel. Quand vous regardez l’espace du miroir, vous y percevez quelque chose de substantiel et de volumineux qui est analogue à l’espace du regard, mais qui, dans le regard, demeure ordinairement imperceptible » écrit le poète et c’est bien là le problème. Et principalement le sens et le centre de l’être face à son domaine d’investigation et d’interprétation.

À travers le regard paradoxalement le réel échappe en se transformant en image. Elle le disjoint, le nimbe d’une attente lesté de désir. En quelque sorte elle devient l’antichambre du notre manuel mental d’interprétation.

Elle extrait le réel en le poussant vers des postulations flottantes en des suites de bémols visuels : il conviendrait de faire l’effort de ne pas voir seulement ce qu’on aime. Au prix du risque d’abandonner ce que nous connaissons nous pouvons aller vers l’encore et découvrir ce qui n’appartenait jusque là qu’à un aveuglement crispé.

Image à la Une © Éditions Fata Morgana.

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