In un giardino dipinto / En un jardin peint

Du Jardin à sa vignette.

Livre d’art par Daniele Morresi. Traduction française de Luc Hamzavi, avant-propos de Laurent Cennamo, dessins de Mario Cardinale, aux Éditions Samizdat (104 pages, 18€).

La « nature » inhérente au jardin est transposée ici entre le différé et le présent comme si elle devait se perdre dans la plastique des are-présentation pour mieux avancer au moment où son sens est forcément décentré. Le texte certes n’est plus séparé de la matière jardin. Elle reste qui bien plus qu’un support. Mais sa « figuration » laisse des taches obscures faite des « lambeaux » portés moins vers le réalisme que vers une sorte d’utopie et le lactique de la vision. D’où la nécessité de cet échange entre la matière et le texte ainsi que l’intensité d’une attention accordée à l’espace par ce qui devient une « méthode » paradoxale de reconstruction de l’œuvre. D’où aussi l’importance des ponctuations de Mario Cardinale.

Le pouvoir des mots crée ce qui dans le paysage ne peut se montrer sans eux. Et c’est de la sorte que la poésie porte sur elle l’odeur de la nature. Elle devient une forme de métonymie. Morresi restitue le paysage hors de ses « lignes générales », l’ouvre selon une transposition plus perdue qu’éperdue et moins romantique que critique. Un abîme est suggéré par des images sourdes presque hallucinées parfois criantes. Elles rebrassent le jardin et le regardeur-lecteur passe d’une image à l’autre au milieu d’un texte qui soudain oublie à regarder l’ailleurs dans l’ici-même.

Image à la Une © Éditions Samizdat.

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