Isabelle Cochereau

Cadrages et décadrages.

Isabelle Cochereau & Marie-Laure Dagoit, « Le soleil a seulement brûlé ». Isabelle Cochereau « livre ». Isabelle Cochereau & Gabrielle Jarzynski, « Dans un champ de tulipe ». Éditions Littérature Mineure, 8€.

Isabelle Cochereau fait de ses images des machines fabuleuses, plus complexes, plus impertinentes que les communes du tout venant. L’artiste les hybride. Le portrait devient un « portant » qui à la fois « se donne » ou « se refuse ». Sa « maison » n’est plus univoque. Elle est ouverte à d’autres éléments qui la tapissent. Et si le corps, depuis toujours reste l’objet de la plus grande attirance, l’artiste le place entre deux postulations : le « tu ne convoiteras pas » de la Bible et le formidable Tu convoiteras d’Ornela Vorpsi.

Isabelle Cochereau – Les Pêcheurs.

Si bien que la femme ne se réduit plus à ce qu’en disais Breton : «  fesses de printemps / Au sexe de glaïeul ». L’artiste fait le ménage dans un tel blabla, ce qui n’empêche pas à ses images d’être fascinantes. Mais drôles tout autant et hors des standards poétiques masculins. Manière de suggérer que le monde féminin reste réprimé. Isabelle Cochereau tout en refusant la beauté classique, appelle à la construction de soi, à l’autonomie du sexe féminin avec ironie qui dépasse le simple besoin de compensation, voire de vengeance, que l’on retrouve à la source de tous les pouvoirs masculins. Ceux-ci se contentent d’abuser à contresens du corps et de la vie de l’autre, de la prochaine.

Isabelle Cochereau.

L’œuvre appelle une manière d’être fondée sur une défense et illustration du féminin et contre son « immolation » par les standards de représentations. Un processus de déplacement remplace la hiérarchie des valeurs imposée par celle d’une hiérarchie de soi. Bref l’artiste impose ses propres normes en suggérant un hors cadre au sein même de ses images.

Image à la Une © Isabelle Cochereau, Autoportrait.

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