Jacques Cauda

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Lombric à brac.

Jacques Cauda, « Comilédie », Éditions Tinbad, 2017, 172 pages, 20€.

Peintre et poète, Jacques Cauda publie enfin après 20 ans de refus incompréhensible un livre fou et « mollyfié » sorte d’hommage à tous les irréguliers de la langue de Joyce à Céline ou Artaud et en reprenant à sa main leur torsion du logos. Dire que ce livre est paillard serait en réduire l’ivresse et la « sémanducation ». Le roman devient la broyeuse à bras afin de jeter aux gogues les démagogues. Le tout dans une liberté de parole. Elle multiplie les brèches dans le gras des discours selon une rythmique type  « tagada suin suin » dans lequel l’auteur ramène sa fraise pour plomber les caries des théories littéraires.

Aux hauteurs de mâles branches philosophiques Cauda préfère le bas qui résille quel qu’en soit le coton et qu’importe s’il dégringole sur les jambes de la fiction. Face au moulin à prière l’iconoclaste lorgne vers celui, plus rouge, de la Galette. Rabelais trouve ainsi un rab de souffre grâce à celui qui « délyre » et libertine loin des corpus amidonnés. Exit les madrigaux, le seul mot d’ordre est pantagruélique : « tout pour la tripe ».

Tout ça prend un drôle d’R mais n’en manque pas, le go d’eau rend hommage à Beckett. La zizanie remplace les gerbes scolastiques. Celui qui taquin laisse Thomas dans l’étalon et l’abbé C de Bataille dans un film X leur apprend que la Révélation n’est plus celle de la Vierge mais de la verge. Droite comme un I elle devient le pieu d’un roman rosse et rose comme un cochon. Pêcheurs ne pas s’abstenir. Les autres n’ont qu’à continuer à remonter les eaux saumâtres où avec Michel on fraye.

Image à la Une © Jacques Cauda.

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