James Friedman

Les amoureux sont seuls au monde.

« Pleasure and terrors of kissing ».

Dans sa dernière série, le photographie spécialiste des recensions thématiques épousent le silence des baisers : ils les montrent mais n’en fournit pas de clés. Il se contente d’illuminer l’obscur. Adepte des séries sur les camps de la mort – Memories Effects comme sur les balles de golf – Golf book – il accorde aux baisers la capacité de sortir de l’ombre face à l’indifférence de ce qui les entoure. Ils font route étrangers à ce qui se passe autour d’eux en un voyage dont on ignore les motivations : marque d’amour ou de désir. Ils se moquent des voyeurs qui les jouxtent.

L’artiste chasse des baisers à sourire, des baisers à pleurer d’émotion, des baisers malices, des baisers de lune ou de soleil, des baisers au pain d’épice, des baisers à regards, des baisers labyrinthes ou ceux qui ont du chien ou des ailes. Les photographies deviennent des unions libres dont le secret demeure en l’état. Son « quant à soi » reste la condition nécessaire et suffisante. Il vient mettre à mal les vérités d’usage sur ce qu’on nomme  révélation. Friedman n’impose rien : cela ne veut pas dire que ses images avancent masquées. Bien au contraire. Elle représente le langage obligé de l’amour. Celui qui ne révèle pas à travers ce qu’il raconte et narre mais par ce qu’il produit. Il faut se laisser prendre à perte de vue en sa propension païenne à donner existence à un espace temporel fugace soulevé par  sa flamme, sa folie, son suspens, son vertige. Par elle surgit l’adhérence étroite à ce qu’il en est de désir ou, sur ce que l’on ignore de lui.

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