Je me souviens

Pourquoi avoir ouvert la porte,
Avoir franchi le seuil
Et mettre mes pas sur la route
Qui allait du rêve au cauchemar ?

Toi penchée à la fenêtre,
Tu pleurais. Larmes en écho
De mes pas mal assurés !
Je me souviens, oui je me souviens !

Je me souviens en ces années-là
Des folies poétiques milleriennes
Qui bâtissaient une grammaire d’amour
Pour une nouvelle lecture du monde.

Je me souviens des éclairs qui brûlaient ma cervelle
Lorsque le Coq chantait en Attique
Pour réveiller les Dieux de l’Olympe
Déçus par les hommes mortels !

Je me souviens de ces musiques funestes
S’incrustant dans les fibres de mon âme,
Squattant mes danses neuronales,
Renforçant mes ennemis, chevaliers féroces.

Je me souviens de mon errance au Quartier latin
Ébloui et charrié par une foule fleuve
À qui je voulais révéler ma vraie identité
En défense de mes rêves fragiles !

Je me souviens, oui je me souviens
Que parmi mes pages jaunies
On trouve encore quelques bijoux
Et des éclats de diamant !

Je me souviens de la folie qui fut la mienne
De vouloir mettre en équations poétiques
Mon enfance dans les jardins d’Éden.
Mais tu n’es plus penchée à ta fenêtre !

Je me souviens de la folie qui fut la mienne
De vouloir mettre en équation de rebelle
Toute mon adolescence déjà aux portes de l’Enfer.
Mais tu n’es plus penchée à ta fenêtre !

J’irais me reposer sous la tonnelle,
M’oublier au cœur de la nuit
Si l’été daignait nous revenir.
Mais tu n’es plus penchée à ta fenêtre !

Mes pas n’ont plus d’écho !

Photographie à la Une © Loïc Mazalrey.

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