J’veux du soleil !

Frappe juste et fort.

FILM « J’veux du soleil ! » par François Ruffin et Gilles Perret.

Ce documentaire réalisé de façon très simple frappe par François Ruffin et Gilles Perret juste et fort. On part en Berlingo pour traverser la France du Nord au Sud en s’arrêtant sur les ronds-points occupés. J’veux du soleil ! n’est pas un film sur le mouvement des gilets jaunes mais sur les gens qui portent ces gilets. Il n’y a pas d’artifices, seulement des témoignages livrés à l’état brut face à la caméra. La parole est respectée, elle est transmise sans être transformée, manipulée ou encore récupérée. Cela est important à souligner car il y a régulièrement une fâcheuse tendance à tourner l’angle d’un sujet vers ce qui va provoquer une forme de sensationnel. Là, ce qui est percutant, ce sont ces histoires qui dressent un portrait de la France vue par les Français, pas par des analystes ni des spécialistes, juste par des gens.

Si l’on se demande : aujourd’hui, comment vit-on en France ? le constat est moche, il est amer et dur. La misère sociale et humaine est violente à recevoir. Chaque témoignage touche du doigt des sujets difficiles. Des fois, on a beau travailler et bien on n’y arrive tout simplement pas, on ne remplit pas un frigo durant tout le mois, on fait les poubelles pour pouvoir manger, on fait un crédit pour pouvoir se faire livrer du fuel et on rembourse cette dette petit à petit, on ne se chauffe même pas parce qu’on en a pas les moyens, on peut avoir honte de là où on en est et on a du mal à demander de l’aide. Quand on vit dans des petits villages où il n’y a plus d’école, de poste, de banque, de boucherie, de coiffeur, de boulangerie… qu’est-ce que cela nous dit de la France ? France qui est la 7e puissance économique mondiale… Alors quand on commence à mettre en balance certaines choses, on se demande : mais comment est-ce possible, comment en est-on arrivé là à l’échelle de la nation ?

Ce qui est possible à travers J’veux du soleil ! c’est l’espoir. L’espoir de se retrouver humainement, de (re)construire quelque chose ensemble ; c’est imaginer, rêver, s’aimer. En voyant ce documentaire, il est presque paradoxal de ressentir un grand mal être mais de sortir du cinéma avec la furieuse envie de crier : je t’aime, engageons-nous sur un chemin côte à côte.

Image à la Une © Jour2fête (distributeur France).

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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