Kymia

Matière spirituelle.

Les sculptures de Kymia se conjuguent aux toiles de Marine Arragain pour la prochaine exposition temporaire « Point à la ligne » au Musée Faure d’Aix-les-Bains du 8 avril au 12 juin 2016.

Rencontre avec Kymia.

Quelle est la part d’aléatoire dans votre parcours ?

Je suis d’une formation classique où l’on apprend à faire un modèle selon un sujet défini, du statuaire, où l’on devra respecter les dimensions, où la pierre sera adaptée, il n’y a donc pas de part aléatoire.

Dans mon travail c’est l’inverse, rien n’est prédéfini à la base, je ne fais ni croquis, ni dessins. Je manipule et en fonction de ce qu’il se passe, cela va m’ouvrir des portes. L’aluminium m’a permis de me libérer, à chaque fois, il y a une multitude de chemins qui se définissent. Quand je démarre une pièce je la termine toujours, sans forcément savoir où je vais, c’est le métal qui va m’orienter.

Il y a de la diversité dans mon parcours car beaucoup de thème m’intéressent. Par exemple, l’aluminium m’a permis de traiter le sujet du périnée autour du temple, un sujet qui ne pouvait pas se traiter en statuaire. Je fais également des miroirs directement sur la plaque en métal.

Pourquoi certaines pièces sont-elles peintes ?

J’ai ressenti une grosse frustration en sculpture car j’adore la couleur. Quand j’ai commencé à modeler et à travailler l’aluminium je voulais mettre cette couleur et c’est quelque chose qui a pris de plus en plus de place.

Que vous inspire la création guidée par la matière ?
Kymia - Nature Divine - Aluminium, 200 cm © Pedrosphoto.com

Kymia – Nature Divine – Aluminium, 200 cm © Pedrosphoto.com

J’ai commencé par le bronze, puis l’aluminium que j’ai voulu remettre à l’honneur, en lui rendant ses lettres de noblesse en quelque sorte. Cette matière est la seule qui peut passer en fonderie, en chaudronnerie, en forge, etc. L’aluminium peut aussi s’allier au fer ou à l’inox, elle permet un travail infini.

Ma symbolisation est le sarment de vigne, c’est une sculpture très existentielle. Dans des thèmes comme le passage sur Terre, j’ai monté les tiges en sarments de vignes, avec l’ancrage sur la terre et le lien avec l’au-delà.

Je commence à enlever le figuratif pour amener d’autres thèmes. J’aime traiter le cœur car c’est un sujet aussi sacré que profane. J’utilise une multitude de techniques, je travaille mes pièces, je les ciselle, je les soude, je les forme, je les patine. J’aime donner du mouvement à la matière, toujours sur le thème de l’être humain avec la continuité de la matière et une certaine spiritualité. J’accorde beaucoup d’importance aux mains, je préfère faire les expressions dans les mains plutôt que dans les visages.

Votre art est-il vital ?
Kymia - Priez pour nous, Pauvres Pêcheurs ! - Aluminium, Palétuvier, 147 cm © Pedrosphoto.com

Kymia – Priez pour nous, Pauvres Pêcheurs ! – Aluminium, Palétuvier, 147 cm © Pedrosphoto.com

J’ai toujours voulu faire ce métier, c’est une discipline, on avance vers l’adversité. J’ai toujours eu des anges gardiens qui m’aident à avancer dans mon travail et ma passion. C’est un équilibre entre l’épreuve, la quête, les difficultés, le bonheur, et ça se voit dans mon travail car mes pièces sont équilibrées par deux forces inverses. Je ne veux pas faire un message, je préfère faire passer des vibrations, il faut se nourrir des fondamentaux. Quand je travaille, je suis là où je dois être.

Photographie à la Une : Kymia – L’amour est un long fleuve tranquille – Aluminium, 96 cm © Pedrosphoto.com.

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