Malraux 2019-2020 • 1e partie de saison

PRESCRIPTIONS CULTURELLES • ON S’ABONNE

Les spectacles proposés durant la première partie de saison de la scène nationale de Chambéry ouvrent des fenêtres sur différentes visions du monde.

Une pelle le 21 septembre 2019 au Parc de Buisson Rond.

Olivier Debelhoir convie le public à une présentation de sortie de résidence dans le cadre de sa prochaine création Une pelle. Ce spectacle est envisagé comme une expédition où deux personnes gravissent un fil tendu à plusieurs mètres de hauteur. Dans leur ascension les deux artistes se doivent une confiance mutuelle mais aussi d’être dans un dialogue constant de leurs sensations, de leurs peurs, de leurs émotions pour arriver à gravir leur Everest. Un moment privilégié à partager.

Dom Juan du 08 au 10 octobre 2019 au Théâtre Charles Dullin.

Laurent Brethome revient au plateau pour interpréter et mettre en scène, sous la direction de Philippe Sire, une version resserrée et contemporaine de Dom Juan : un provocateur qui crache au visage de tous les intolérants, un homme sans scrupule ni jugement, un homme en révolte contre les codes aristocratiques et toutes les valeurs conservatrices. Loin des clichés pouvant exister sur l’œuvre de Molière, cette création se veut être un hymne à la liberté, un appel à la désobéissance, un défi aux dévots et aux hypocrites, ainsi qu’à toutes les croyances, tous les dogmes et toutes les religions.

Retour à Reims du 13 au 15 novembre 2019 au Théâtre Charles Dullin.

Thomas Ostermeier livre sa version de l’essai du sociologue Didier Eribon. Dans un studio, une actrice (Irène Jacob) enregistre le commentaire d’un documentaire qui se déroule en direct. Cette pièce livre les nuances d’une quête qui analyse le processus d’un retour autant que celui d’un éloignement. Retour à Reims ne considère pas seulement une trajectoire personnelle mais ouvre le débat dans un contexte plus large : celui des évolutions politiques européennes et notamment de l’échec d’une gauche sociale de laquelle les citoyens s’éloignent. En convoquant le réel, le metteur en scène propose un débat qu’il est urgent de mettre sur la table.

Passagers du 10 au 15 décembre 2019 à Malraux.

Hautement esthétique et imaginative, cette création du collectif Les 7 Doigts de la main, sur une idée originale de Shana Carroll, explore toutes les facettes de son thème central, le voyage, présenté comme une métaphore de l’existence. Décliné autour de projections plongeant le spectateur dans l’univers des trains, au carrefour de gares, de lumières au bout de tunnels et de rails sans fin, Passagers ouvre une fenêtre temporelle où les interprètes existent comme dans une réalité mise en suspens. Témoins du monde qui défile sous leurs yeux et qui les transforme à leur insu, ils métamorphosent leur compartiment en aire de jeu propice aux confidences. Dans la lignée des précédents spectacles, Passagers célèbre la condition humaine tout en proposant une véritable expérience scénique qui combine danse, expression physique, acrobatie et musique.

Ô toi que j’aime les 11 & 12 décembre 2019 au Théâtre Charles Dullin.

Une jeune réalisatrice de documentaires, Marie, et un metteur en scène, Ulysse, viennent en prison à la rencontre de détenus radicalisés. Ils décident de les faire travailler sur un spectacle autour de Jalaluddine Rûmi, poète mystique du XIIIe siècle. Là, ils font la rencontre de Nour Assile, jeune détenu syrien au parcours singulier. Ô toi que j’aime est sous-titré « ou le récit d’une apocalypse » : une apocalypse qui peut être envisagée comme la fin du monde mais aussi comme une révélation pour les protagonistes. Auteur et metteur en scène d’origine syrienne, Fida Mohissen invite le public à un voyage poétique et gorgé d’espoirs où se mêlent le réel, l’intime, l’irrationnel et le tragique.

Les Mille et Une Nuits les 19 & 20 décembre 2019 à Malraux.

Tout le monde connait Les Mille et Une Nuits ou du moins chacun peut se figurer des lampes magiques, des tapis volants, des sultans, des vizirs et tant de personnages en miroir les uns par rapport aux autres. S’inscrivant dans la veine de son précédent spectacle, Songes et Métamorphoses, Guillaume Vincent livre une adaptation très personnelle de ce recueil de contes populaires entre cruauté et sensualité, entre ironie et naïveté. Pour rester en vie, Shéhérazade multiplie les récits fantastiques, les histoires d’amour, les histoires scabreuses, les histoires drôles. Avec une imagination sans borne, cette pièce interroge le pouvoir que peut avoir la fiction pour lutter contre les formes de barbarie.

Image à la Une © Bres Brest Brest.

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Kristina D'Agostin

Rédactrice en chef de Carnet d'Art • Journaliste culturelle • Pour m'écrire : contact@carnetdart.com

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